« Lanmò San Jou » réclame une médiation, l’ONU précise que recevoir sa lettre ne vaut pas reconnaissance

Wilson Joseph, alias « Lanmò San Jou », veut négocier avec les forces internationales déployées en Haïti. Le chef du gang 400 Mawozo a écrit au secrétaire général de l’ONU, António Guterres, pour lui demander d’envoyer une délégation sur place. Lundi 2 novembre, le Secrétariat a confirmé avoir reçu une lettre portant sa signature. Son porte-parole, Stéphane Dujarric, en a aussitôt précisé la portée. Recevoir ce courrier ne confère aucune reconnaissance à son auteur, ne cautionne pas son contenu et n’engage pas l’ONU sur le fond. Le Secrétariat n’a annoncé ni mission de médiation ni ouverture de pourparlers.

Port-au-Prince, le 3 novembre 2026.- Dans sa lettre de deux pages, envoyée le 1er novembre, Wilson Joseph dit craindre que le déploiement de renforts salvadoriens n’entraîne des représailles contre la population. Interrogé par l’Associated Press, il s’est dit prêt à déposer les armes. Mais lorsqu’on lui a demandé ce qu’il exigerait en retour, le chef de gang a éludé la question. Il entend, a-t-il expliqué à l’agence, réserver sa réponse à une éventuelle commission de paix.

Cette main tendue intervient alors que les combats s’intensifient dans la plaine du Cul-de-Sac depuis la disparition, le 18 octobre, de quatre techniciens de l’aviation salvadorienne. Elle émane du chef d’un groupe implanté à Croix-des-Bouquets et connu pour ses enlèvements. En octobre 2021, les 400 Mawozo avaient pris en otage 17 personnes, dont cinq enfants, au sein d’un groupe de missionnaires américains et canadien. Wilson Joseph a depuis été inculpé aux États-Unis pour prise d’otages, rappelle l’Associated Press.

Sur le terrain militaire, Stéphane Dujarric a également clarifié un point que souligne l’agence espagnole Europa Press. La grande majorité des soldats salvadoriens envoyés en renfort opèrent en dehors de la Force de répression des gangs et échappent, à ce titre, au mandat du Bureau d’appui des Nations unies en Haïti. Le porte-parole a rappelé que les communautés haïtiennes subissent de plein fouet les violences et que toute opération de sécurité doit respecter le droit international applicable.

Vant Bef Info (VBI)


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