Khamenei accuse Trump d’ingérence : « une sédition américaine contre l’Iran »
À l’occasion de la fête religieuse de Mab’ath, marquant l’avènement de la prophétie du Prophète Muhammad (SAWA), le Guide suprême de la Révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, a vivement accusé les États-Unis, et en particulier le président Donald Trump, d’être à l’origine des troubles récents en Iran. Devant une foule réunie à Téhéran, il a dénoncé ce qu’il qualifie de « sédition planifiée et pilotée depuis l’étranger ».

Téhéran, 17 janvier 2026 .— Dans un message publié le même jour sur le réseau social X, le Guide suprême a directement mis en cause le président américain, qu’il a qualifié de « criminel », l’accusant d’avoir encouragé et soutenu les manifestations déclenchées fin décembre. Selon lui, ces événements s’inscrivent dans une stratégie visant à affaiblir la République islamique.
Des protestations sociales aux accusations de déstabilisation
Les premières manifestations ont éclaté le 28 décembre à Téhéran, à l’initiative de commerçants protestant contre la hausse du coût de la vie. Le mouvement s’est ensuite étendu à plusieurs villes du pays. Pour Ali Khamenei, ces mobilisations ont rapidement été « détournées » de leurs revendications économiques par des acteurs liés à l’étranger.
« L’objectif est clair : ramener l’Iran sous une domination militaire, politique et économique étrangère », a-t-il déclaré, affirmant que Washington n’aurait jamais renoncé à influencer l’Iran depuis la Révolution islamique de 1979.
« Le président américain est directement impliqué »
Selon le Guide suprême, la crise actuelle se distingue des précédentes par le niveau d’implication supposée des États-Unis. « Cette fois-ci, ce ne sont pas seulement des agents secondaires ou des alliés régionaux qui interviennent. Le président américain lui-même est entré en scène », a-t-il soutenu.
Ali Khamenei a notamment évoqué un message attribué à Donald Trump, adressé aux manifestants, affirmant : « Nous vous soutenons, nous vous soutenons militairement », qu’il considère comme la preuve d’une ingérence directe dans les affaires intérieures de l’Iran.
« Une insulte à la nation iranienne »
Le Guide suprême a également dénoncé les propos du président américain présentant les groupes impliqués dans des violences comme l’expression du « peuple iranien ». Il a qualifié ces déclarations de « grave calomnie », estimant qu’elles visent à délégitimer l’État et à ternir l’image de la population iranienne.
Dans son message sur X, Ali Khamenei a lancé un avertissement :
« Nous ne cherchons pas la guerre, mais nous ne laisserons aucun crime impuni, qu’il soit commis à l’intérieur ou à l’extérieur du pays. La nation iranienne a brisé l’échine de la sédition ; elle saura aussi briser celle des séditieux. »
Internet restreint et pressions internationales
Face à l’extension des manifestations à partir du 8 janvier, les autorités iraniennes ont restreint l’accès à Internet. Cette décision a été dénoncée par plusieurs organisations internationales de défense des droits humains, qui accusent le régime de vouloir limiter la diffusion d’informations sur la répression.
Selon plusieurs médias internationaux, les opérations de maintien de l’ordre auraient fait de nombreuses victimes, alimentant une vague de critiques et de condamnations à l’étranger.
Un message de défi à Washington
En conclusion de son discours, l’ayatollah Ali Khamenei a affirmé que l’influence américaine sur l’Iran appartenait définitivement au passé. « Depuis les premiers jours de la Révolution islamique, la domination des États-Unis sur ce pays a été éliminée », a-t-il déclaré, accusant Washington de vouloir reconquérir une position perdue.
Pour le Guide suprême, les déclarations et actions du président américain constituent « des crimes contre le peuple iranien », marquant une nouvelle étape dans l’escalade verbale entre Téhéran et Washington.
Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)
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