Justice en Iran : la prix Nobel de la paix Narges Mohammadi condamnée à six ans de prison

L’activiste iranienne et lauréate du prix Nobel de la paix, Narges Mohammadi, a été condamnée à six ans de prison par la justice iranienne, a indiqué son avocat à l’Agence France-Presse (AFP), ce dimanche 8 février 2026. Âgée de 53 ans, la militante des droits humains a été reconnue coupable par un tribunal iranien à l’issue d’une procédure judiciaire dénoncée par ses proches.

Arrêtée le 12 décembre dernier à Mashhad, Narges Mohammadi avait été interpellée aux côtés d’autres militants après avoir pris la parole lors d’une cérémonie d’hommage à un avocat retrouvé mort. Selon son avocat, Me Mostafa Nili, elle a été condamnée pour « rassemblement et collusion en vue de commettre des crimes », une accusation fréquemment utilisée par les autorités iraniennes pour poursuivre les figures de l’opposition et les défenseurs des droits humains.

En plus de la peine de prison, la justice a prononcé à son encontre une interdiction de quitter le territoire iranien pour une durée de deux ans. Me Nili précise toutefois que le verdict n’est pas définitif et peut faire l’objet d’un appel. Il a également exprimé l’espoir qu’une libération provisoire pour raisons médicales soit accordée, compte tenu de l’état de santé jugé préoccupant de sa cliente.

Engagée depuis plus de trois décennies dans la défense des droits des femmes, la lutte contre la peine de mort et la dénonciation des abus du régime, Narges Mohammadi a déjà été condamnée et incarcérée à de nombreuses reprises. Elle a passé une grande partie des dernières années en détention, éloignée de sa famille.

Cette nouvelle condamnation intervient dans un contexte de répression accrue en Iran, marqué par des mouvements de contestation populaire contre les restrictions imposées aux femmes, la détérioration des conditions de vie et la gouvernance autoritaire du pays. Ces mobilisations ont été violemment réprimées, faisant de nombreuses victimes et entraînant l’arrestation de milliers de manifestants, de journalistes et de militants.

Parallèlement, les autorités iraniennes font face à de fortes pressions internationales et à des tensions géopolitiques persistantes, notamment avec les États-Unis. Téhéran invoque régulièrement ces menaces extérieures pour justifier un durcissement sécuritaire interne, assimilant toute contestation à une atteinte à la sécurité nationale.

Malgré son incarcération, Narges Mohammadi demeure une figure emblématique de la résistance civile iranienne. Selon son entourage, elle continue de faire entendre sa voix depuis sa cellule, multipliant les gestes symboliques de protestation au sein même de la prison.

Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)

Avec AFP


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