“Jounen Dézafi” : le centre culturel Pyepoudré rend hommage à Frankétienne

Neuf mois après la disparition de Frankétienne, le centre culturel Pyepoudré a organisé ce samedi une journée d’activités baptisée “Jounen Dézafi”, en hommage à l’écrivain, poète et peintre haïtien. L’événement, animé par le club de lecture de la bibliothèque Pyepoudré, a rassemblé plusieurs dizaines de jeunes autour du roman Dézafi, considéré comme la première œuvre publiée en créole haïtien.

CP: Centre culturel Pyepoudré

Port-au-Prince, le 8 novembre 2025 — Sous la modération de Gary Dorisca, étudiant en communication sociale à la Faculté des Sciences Humaines (FASCH), les participants ont échangé sur la portée symbolique du roman et sur la place du créole dans la construction identitaire et culturelle d’Haïti. Pour beaucoup, la langue créole représente un outil essentiel de libération et d’unité nationale.

Le jeune poète et historien de l’art John Wisky Louinard, connu sous le nom de scène Cobra’s, a souligné la dimension révolutionnaire de l’œuvre de Frankétienne.

“Dézafi est une source d’inspiration contre toutes formes d’esclavage moderne. C’est une réflexion sur la répression, la révolte et la quête de liberté”, a-t-il déclaré.

Entre art et mémoire collective

En parallèle des discussions littéraires, une exposition de peinture a permis au public de découvrir les créations de plusieurs jeunes artistes, réunis autour de l’Atelier Artiste San Abris, un collectif dédié à la promotion de nouveaux talents. Les œuvres de Shatty, jeune peintre prometteur, ont particulièrement retenu l’attention des visiteurs.

La journée s’est également enrichie d’une performance de danse traditionnelle signée Afriken Vanyan, suivie d’une mise en lecture de passages emblématiques de Dézafi par des membres du club de lecture. Ces moments artistiques ont offert une nouvelle vie aux mots de Frankétienne, dans une atmosphère de partage et d’émotion.

Un espace culturel de résistance

Le centre culturel Pyepoudré, situé à Port-au-Prince, demeure l’un des rares espaces culturels encore actifs dans la capitale, alors que l’insécurité a contraint plusieurs institutions à suspendre leurs activités. Cette journée, placée sous le signe de la culture et de la mémoire, a ainsi pris une portée particulière, symbolisant la résilience d’une jeunesse décidée à préserver la flamme de la création et du savoir.

Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)


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