Jean Henry Céant revient sur la scène publique à l’approche de la fin du mandat du CPT
À l’approche du 7 février, date marquant la fin officielle du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), l’ancien Premier ministre Jean Henry Céant est revenu dans le débat politique. Invité de l’émission Panel Magik sur Radio Magik 9, l’ex-chef du gouvernement sous Jovenel Moïse s’est opposé à toute tentative de remplacement du CPT et a plaidé pour le maintien du pouvoir exécutif entre les mains du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à partir du 8 février, une option qu’il qualifie de « constitutionnelle et institutionnelle ».

Rejet d’une nouvelle transition
Port-au-Prince, 17 janvier 2026. —Selon Jean Henry Céant, le CPT n’a ni la légitimité ni la compétence pour désigner un successeur après l’expiration de son mandat. Il rejette également les initiatives de certains secteurs politiques visant la Cour de cassation pour installer un juge à la tête d’une nouvelle transition.
Ces démarches, affirme-t-il, relèveraient d’une logique de partage du pouvoir entre des acteurs qui, durant 22 mois, n’auraient pas respecté les engagements de l’Accord du 3 avril 2024. Il parle d’une « politique kangourou », dénonçant un recyclage permanent des mêmes figures.
Appel au dialogue, peu d’autocritique
L’ancien Premier ministre appelle à la mobilisation des « forces vives de la nation » et exhorte Alix Didier Fils-Aimé à convoquer un large dialogue national afin de définir la forme de l’exécutif et créer les conditions d’élections crédibles.
Toutefois, cette position s’accompagne de peu d’autocritique sur son propre bilan à la tête du gouvernement, une période que de nombreux observateurs considèrent comme une occasion manquée dans la gestion de la crise politique et sociale.
Un bilan toujours contesté
Interrogé sur son passage à la Primature, Me Céant s’est présenté comme victime de blocages internes sous la présidence de Jovenel Moïse, affirmant avoir été marginalisé pour sa volonté de dialogue. Il a évoqué un mandat marqué par le séisme dans le Grand Sud, les mobilisations liées au dossier PetroCaribe et sa convocation simultanée devant les deux Chambres du Parlement, qu’il décrit comme autant d’entraves à son action.
Pour une partie de l’opinion publique, ces explications restent insuffisantes. Beaucoup estiment que Jean Henry Céant, comme d’autres figures de sa génération politique, porte une part de responsabilité dans l’impasse institutionnelle actuelle.
Un retour médiatique sous controverse
Le retour médiatique de l’ancien Premier ministre intervient après une période de relative discrétion, notamment à la suite de sanctions imposées par le Canada pour son implication présumée dans le financement de groupes criminels. Bien que ces accusations n’aient pas fait l’objet de débats judiciaires approfondis en Haïti, elles continuent de peser sur sa crédibilité politique.
Une parole qui divise
En soutenant la continuité du pouvoir autour d’Alix Didier Fils-Aimé, Jean Henry Céant se repositionne comme acteur du jeu politique. Pour plusieurs observateurs, cette posture illustre surtout la difficulté de l’ancienne classe dirigeante à se remettre en question, dans un contexte où une partie de la population réclame un renouvellement réel du leadership.
Dans un climat de défiance généralisée, sa prise de parole, bien que structurée, peine à dissiper les critiques liées à la responsabilité historique des élites politiques dans la crise actuelle.
Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)
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