Île de la Tortue : un point central du trafic de drogues en Haïti, selon l’ONU

L’ONU a indiqué, dans un communiqué publié le 30 novembre 2025, que l’Île de la Tortue constitue actuellement un point central du trafic de drogues en Haïti. La crise sécuritaire, les violences généralisées, les déplacements massifs de populations et la faiblesse des institutions étatiques auraient favorisé l’expansion des réseaux criminels et leurs liens avec les gangs locaux.

L’Île de la Tortue située au nord d’Haïti, dans les Grandes Antilles, à 7,4 km au large de la côte nord de l’île principale, plus précisément à l’ouest de Saint-Louis-du-Nord. Elle fait partie du département du Nord-Ouest et de l’arrondissement de Port-de-Paix.

Port-au-Prince, le 2 décembre 2025. Selon les données publiées sur le site de l’ONU, plusieurs saisies importantes en 2025 confirment le rôle stratégique de l’île dans le trafic international. En juillet, 1 045 kg de cocaïne ont été saisis près de l’Île de la Tortue, un record depuis plus de 30 ans.

Un paquet de Cocaïne saisi en Haïti selon l’ONU.
Une photo de Victoria Hazou (ungeneva.org)

Peu après, 426 kg de cannabis ont été interceptés à Petite-Anse, dans le Nord, et plus de 1 350 kg de cannabis ont été saisis en Jamaïque, impliquant des ressortissants haïtiens. En août, 1 156 kg de cocaïne provenant d’Haïti ont été découverts en Belgique.

L’ONU souligne que la position géographique de l’île offre un accès direct aux Bahamas, à la Jamaïque et aux îles Turques-et-Caïques, ce qui en fait un point stratégique pour le stockage et la redistribution des cargaisons illicites.

Historiquement utilisée par les pirates, l’île est devenue un centre pour des réseaux transnationaux impliqués dans le trafic de drogue, la traite humaine et d’autres activités illégales.

Les gangs haïtiens, présents le long des corridors stratégiques de Port-au-Prince et à la frontière dominicaine, exploiteraient cette position pour contrôler le transit de drogues, imposer des taxes sur les cargaisons, extorquer les populations et effectuer des attaques armées en mer.

Des renseignements jamaïcains indiquent également l’existence d’un trafic d’armes contre drogue impliquant ces mêmes groupes, les routes maritimes utilisées pour la cocaïne servant aussi à l’introduction clandestine d’armes et de munitions en Haïti.

Face à cette situation aggravée par la corruption et le blanchiment d’argent, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) soutient des initiatives visant à renforcer les institutions haïtiennes, notamment la transparence des services publics et la capacité du système judiciaire à lutter contre le crime organisé et le contrôle des gangs.

Christina Juliana Vilmé
Vant Bèf Info


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