Il pleut des drones sur le centre-ville de Port-au-Prince

Le ciel s’est assombri sans nuages. Puis le sol a tremblé. Des détonations sèches, espacées, méthodiques, ont déchiré l’air au bas de la ville. En quelques heures, quinze explosions ont été recensées, comptées presque machinalement par des citoyens sur des groupes WhatsApp… comme on égrène des billes, avec une précision nerveuse, enfantine.

Port-au-Prince, 12 janvier 2026.- Les témoignages convergent : Bel-Air et Bas-Delmas auraient été les principales cibles. Des habitants parlent de bourdonnements avant l’impact, d’éclairs brefs, puis de colonnes de poussière qui montent et retombent aussitôt. Les rues se vident, les fenêtres se ferment, les pas s’accélèrent. Des bandits armés, qui auraient été envoyé en renfort aux bases attaquées par la police, sont pris en chasse.

Depuis le début de l’année 2026, les forces de l’ordre ont engagé une offensive soutenue contre les foyers de gangs retranchés au cœur de la capitale et dans l’aire métropolitaine. Comme depuis un certain temps, la riposte se fait de façon brutale : frappes de drones kamikazes, interventions d’engins lourds de démolition, et progression de troupes au sol. Les quartiers de Bel-Air, La Saline, ainsi que Delmas 2, 4 et 6, ont été récemment touchés de plein fouet.

Il s’agirait de l’œuvre d’une task force, mêlant des policiers haïtiens issus d’unités spécialisées des membres de la Force de Suppression des Gangs et des mercenaires engagés par le gouvernement. Une configuration inédite, qui marque une montée en puissance assumée de l’appareil sécuritaire. l’objectif : désarticuler les bases opérationnelles des groupes armés, reprendre le contrôle des territoires perdus, restaurer l’autorité de l’État.

La capitale, déjà meurtrie, observe cette nouvelle phase de la lutte sécuritaire avec un mélange d’espoir et d’appréhension. Espoir de voir reculer la violence des gangs ; appréhension face aux méthodes employées et à leurs conséquences immédiates sur les civils piégeais et prisonniers de la violence des gangs.

En tout cas, ce lundi, il n’a pas plu de l’eau, mais des drones. Et avec eux, une certitude s’est imposée : Port-au-Prince est entré dans une séquence décisive. Reste à savoir si, après le fracas, viendra enfin le temps du répit.

Wandy CHARLES,

Vant Bef Info (VBI)


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