« Il est temps d’agir », lance le père Jean-Miguel Auguste pour refonder la Nation

Dans une réflexion rendue publique le mercredi 17 décembre, le père Jean-Miguel Auguste dresse un tableau sombre de la situation nationale et appelle à une refondation de l’État haïtien. Face à la misère, à l’insécurité et à la crise institutionnelle, le religieux plaide pour l’organisation d’une Conférence nationale souveraine qu’il présente comme une étape nécessaire pour sortir le pays de l’impasse.

Port-au-Prince, 17 décembre 2025. —Dans son texte intitulé « Mes réflexions sur l’avenir d’Haïti », le prêtre évoque une crise qu’il qualifie d’existentielle. Il décrit une fin d’année marquée par la pauvreté généralisée, la violence armée et la perte de repères collectifs. Selon lui, les rares moments de fierté nationale, notamment la qualification de la sélection haïtienne pour la Coupe du monde 2026, ne suffisent pas à masquer l’ampleur des défis auxquels le pays est confronté.

S’appuyant sur une formule attribuée à l’ancien président Leslie Manigat, le père Auguste rappelle qu’Haïti a souvent produit des « beaux échantillons » à l’échelle internationale. Il cite, entre autres, Michaëlle Jean, Dany Laferrière et le scientifique Herriot Tabuteau. Toutefois, estime-t-il, ces réussites individuelles n’ont jamais permis de résoudre les crises structurelles du pays.

Pour le religieux, le développement d’Haïti passe par la constitution d’une masse critique de compétences dans tous les secteurs. Il insiste sur la nécessité de former et de mobiliser des élites capables de reconstruire les institutions, de créer des emplois et de rétablir la sécurité. Il voit dans les performances sportives une leçon fondamentale : seuls les meilleurs, bien encadrés et disciplinés, permettent des résultats durables. Il dénonce par ailleurs une culture de résignation qu’il résume par l’expression populaire « pito nou lèd nou la », qu’il considère comme un frein à l’excellence en politique et dans la gestion publique.

Face au désespoir ambiant, le père Jean-Miguel Auguste appelle à un sursaut citoyen. Selon lui, le discours ne suffit plus et chaque Haïtien doit s’engager, à son niveau, dans la reconstruction nationale. Il estime que le départ annoncé du Conseil présidentiel de transition (CPT), prévu pour le 7 février prochain, constitue une opportunité historique.

Le prêtre plaide ainsi pour l’organisation d’une Conférence nationale souveraine, qu’il considère comme le cadre le plus légitime pour rassembler les forces vives et refonder la République. Il appelle la presse, les institutions religieuses, le secteur privé, la jeunesse et la société civile à assumer pleinement leurs responsabilités.

En conclusion, le père Auguste affirme qu’Haïti ne manque ni de talents ni de ressources humaines. Il invite à choisir les meilleurs, à rejeter la médiocrité et à engager un nouveau départ collectif, convaincu qu’un sursaut national reste possible à condition d’oser l’excellence et le courage politique.

Belly-Dave Bélizaire
Vant Bèf Info (VBI)


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