Haïti – Société : Dernière ligne droite avant la Saint-Valentin
À l’approche du 7 février, de nombreux Haïtiens retenaient leur souffle. Les incertitudes politiques faisaient craindre des débordements : casses, violences, voire un coup d’État. Finalement, rien de tout cela ne s’est produit. Le pire a été évité. Un soupir de soulagement collectif s’est fait sentir. Et déjà, les regards se tournent vers une autre date symbolique : le 14 février, jour de la Saint-Valentin, consacré à l’amour.

Port-au-Prince, 8 février 2025 —
Dans les rues comme dans les esprits, cette fête ne semble pas générer de pression particulière, au point d’empêcher les gens de vaquer à leurs occupations. Bien au contraire. Pour beaucoup, la Saint-Valentin représente une occasion d’exprimer ses sentiments, de déclarer sa flamme ou de raviver l’amour au sein du couple.
Si la pression n’est pas psychologique, elle se fait toutefois ressentir dans les portefeuilles. La tradition veut que les amoureux s’offrent du chocolat, et les commerçants l’ont bien compris. Dans les magasins, le décor a changé : les rayons se parent de boîtes de chocolats de toutes tailles, souvent en forme de cœur, symboles d’un amour partagé.
Sur les réseaux sociaux, le coup d’envoi est déjà donné. Les dédicaces musicales se multiplient, les chansons intemporelles refont surface, accompagnées de poèmes et de messages romantiques adressés à l’être aimé. Malgré les difficultés du quotidien, l’odeur de l’amour flotte ici et là.
La musique haïtienne, riche en émotions, continue d’accompagner ces moments. Des artistes emblématiques comme Ansy et Yole Derose restent des références pour celles et ceux qui manquent d’inspiration pour dire simplement « Mwen renmen w ». Emeline Michel, dans les années 1980, chantait déjà cet amour-flamme qui éclaire le chemin et révèle la femme en elle.
À Delmas, dans une entreprise commerciale, une scène ordinaire illustre bien l’esprit de cette période. Deux jeunes d’une vingtaine d’années discutent de la meilleure manière de dire « je t’aime ». La jeune femme se montre peu enthousiaste à l’idée de recevoir du chocolat le 14 février. Le jeune homme, lui, y voit une marque d’affection universelle, une tradition internationale à laquelle il n’y a rien à reprocher. Pour elle, le véritable langage de l’amour peut aussi se traduire par des fleurs, voire par le simple fait de s’offrir soi-même, avec sincérité.
La scène se déroule sur fond de musique envoûtante, évoquant un amour profond, loin des sentiments éphémères, portée par la plume de Jean-Claude Martineau, dit Koralen.
D’origine européenne, la Saint-Valentin précède de loin les millions de personnes qui conjuguent aujourd’hui le verbe aimer à travers le monde. En 2026, elle figurera encore au calendrier. Au-delà des vicissitudes de la vie, il reste toujours possible d’aimer.
Et si les moyens financiers ne permettent pas de répondre aux exigences commerciales du moment, nul besoin de culpabiliser. La véritable inquiétude serait de ne plus savoir aimer avec son cœur, ce siège des sentiments.
Uguenson Auguste
Vant Bèf Info (VBI)
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