Haiti / Politique : Walson Sanon juge « ridicule » l’idée de révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé

À deux mois de l’expiration du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), le leader du parti Anfòs pou Ayiti, Walson Sanon, estime que la révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé serait une décision « ridicule ». Il appelle plutôt l’organe exécutif collégial à engager des discussions avec la classe politique afin d’anticiper l’après 7 février 2026, date marquant la fin de son mandat.

Port-au-Prince, le 1er décembre 2025. M. Sanon, intervenant ce lundi, affirme que le CPT devrait « assumer ses responsabilités » en facilitant la recherche d’un consensus politique autour de la transition. Selon lui, l’enjeu prioritaire n’est pas un changement de Premier ministre, mais la mise en place d’un cadre permettant d’assurer la continuité institutionnelle à l’issue du mandat du Conseil.

Plaidoyer pour un retour strict aux institutions

Le dirigeant politique défend la « théorie des trois pouvoirs » et encourage les acteurs nationaux à s’en remettre aux institutions établies. Il dit privilégier une solution s’appuyant sur la Cour de cassation pour organiser la transition après le 7 février 2026, estimant qu’elle pourrait permettre de désigner un président accompagné d’un Premier ministre pour conduire le pays.

Critique du fonctionnement du CPT

Walson Sanon revient également sur la création du Conseil présidentiel de transition, composé de neuf membres. Il juge qu’il s’agissait d’un « mauvais choix de gouvernance » et estime que certains de ses membres défendent avant tout leurs « intérêts personnels ».

Position sur les sanctions internationales

Le leader d’Anfòs pou Ayiti minimise par ailleurs l’impact des sanctions internationales visant des personnalités politiques et économiques haïtiennes. Selon lui, ces mesures seraient prises « sur une base partisane » et constitueraient un « manque de respect » envers la souveraineté du pays.

Il cite notamment l’ancienne représentante de l’ONU en Haïti, Helen La Lime, accusant cette dernière d’avoir « félicité la fédération des gangs sous la présidence de Jovenel Moïse ». Sanon se dit donc « dérangé » de voir les Nations unies et les États-Unis s’appuyer aujourd’hui sur un régime de sanctions renforcé.

Évoquant l’ancien gouverneur de la Banque centrale Fritz Jean, lui-même sanctionné, Sanon rappelle que ce dernier « encourageait la justice à poursuivre les sanctionnés », estimant qu’il est désormais « victime de ses propres erreurs ».

Ronald André


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