Haïti/Politique: vers une reconfiguration de l’exécutif à l’approche du 7 février
À mesure que s’approche le 7 février, date butoir du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), la tension politique monte d’un cran en Haïti. Plusieurs alliances politiques ont annoncé avoir adopté une position commune afin d’exiger une reconfiguration immédiate du pouvoir exécutif, estimant que la transition actuelle ne peut se poursuivre sans base légale claire.

Port-au-Prince, le 20 janvier 2026. Dans une déclaration conjointe, publiée le lundi 19 Janvier, l’Initiative du 24 avril 2025, l’Opposition plurielle, le Grand Bloc du Peuple (GBP), l’Accord Karibe, DEHFI et MP-18 ont fait savoir qu’ils se sont mis ensemble pour réclamer la désignation d’un juge à la Cour de cassation afin d’assurer la direction de l’exécutif après le 7 février.
Ces regroupements exigent également la nomination d’un nouveau Premier ministre, chargé de conduire la prochaine étape du processus politique et de remettre l’action gouvernementale sur de nouveaux rails.
Selon ces forces politiques, la fin du mandat du CPT ne saurait être ignorée ni prolongée de manière unilatérale.
Elles soutiennent qu’un maintien du Conseil présidentiel de transition au-delà du 7 février constituerait une violation des engagements politiques pris lors de sa mise en place et risquerait d’aggraver davantage la crise de légitimité qui mine déjà les institutions de l’État.
À leurs yeux, la transition actuelle a atteint ses limites et nécessite une correction institutionnelle urgente.
Les signataires estiment que la désignation d’un juge à la Cour de cassation à la tête de l’exécutif représenterait une solution transitoire conforme à l’esprit de la Constitution, en attendant l’établissement d’un cadre politique plus stable.
Cette option, selon eux, permettrait d’éviter un vide institutionnel tout en respectant les principes de légalité et de continuité de l’État.
Par ailleurs, ces alliances plaident pour la mise en place rapide d’un nouvel exécutif crédible, équilibré et inclusif, capable de faire face aux défis sécuritaires, économiques et sociaux auxquels le pays est confronté.
La nomination d’un nouveau Premier ministre est jugée indispensable pour relancer l’action gouvernementale, rétablir l’autorité de l’État, répondre à l’insécurité persistante et créer les conditions nécessaires à un retour à l’ordre démocratique.
Cette prise de position concertée marque une montée en pression politique significative à l’approche du 7 février, une date hautement symbolique dans l’histoire politique haïtienne.
Elle pourrait ouvrir la voie à de nouvelles négociations entre les différents acteurs nationaux, mais aussi à des tensions accrues, dans un contexte où le pays demeure en quête d’une issue consensuelle à la transition et d’un cadre institutionnel stable pour l’avenir.
Nerline Félix
Vant Bèf Info (VBI)
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