Haiti : Michel Soukar met en garde contre une solution exclusivement armée face aux gangs
Professeur et historien, Michel Soukar alerte sur les dangers d’une stratégie uniquement militaire pour éradiquer les gangs armés. Selon lui, éliminer physiquement ces groupes sans s’attaquer aux causes profondes de leur existence risque d’aggraver la crise sécuritaire.

Delmas, 10 novembre 2025 —
Dans une analyse publiée sur les réseaux sociaux, Soukar décrit une situation devenue « pourrie » : les gangs, désormais omniprésents, étendent leur influence sur toutes les sphères d’activités. L’État, souligne-t-il, apparaît « muet et quasi inexistant » après des années marquées par des massacres dans l’Ouest, l’Artibonite, le Centre et d’autres régions. L’impatience de la population pousse certains à envisager une solution radicale : l’élimination des gangs par la force.
Soukar met en garde contre ce raccourci. « Résoudre ce problème avec les armes peut engendrer vengeance et représailles », analyse-t-il. Selon lui, la disparition d’un chef de gang ouvrirait la voie à un successeur potentiellement plus violent. Le pays, ajoute-t-il, paierait « un lourd tribut aux conséquences incalculables ».
L’historien plaide pour une stratégie équilibrée. Si une force armée reste nécessaire, elle doit s’accompagner de réformes structurelles : lutte contre la corruption, fin de la gabegie administrative et du gaspillage. Il insiste également sur la mise en place de programmes sociaux destinés aux jeunes, afin de leur offrir des alternatives crédibles.
Un appel à des dirigeants responsables
Pour Michel Soukar, la sortie de crise passe par des dirigeants « conséquents », capables de transformer la gouvernance et de gérer avec rigueur les maigres ressources du pays. Seule une telle approche, conclut-il, peut espérer briser le cycle de violence et d’instabilité.
Uguenson Auguste
Vant Bèf Info (VBI)
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