Haïti : l’Opposition plurielle renouvelle ses critiques contre le Conseil présidentiel de transition
À l’approche du 7 février 2026, date symbolique dans la vie politique haïtienne, l’Opposition plurielle est de nouveau montée au créneau contre le Conseil présidentiel de transition (CPT). Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi à Port-au-Prince, son coordonnateur national, Jeantel Joseph, a réitéré sa position en faveur de la désignation d’un juge de la Cour de cassation à la tête de l’État, qu’il présente comme une alternative au dispositif actuel de transition.

Port-au-Prince, 29 janvier 2026. Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par une insécurité persistante, la fragilisation des institutions publiques et une crise politique prolongée. Face aux journalistes, Jeantel Joseph a dressé un bilan critique de l’action du CPT, qu’il juge illégitime et inefficace. Il a notamment dénoncé ce qu’il considère comme une mauvaise gouvernance et une incapacité à répondre aux attentes de la population.
Le coordonnateur de l’Opposition plurielle affirme que son organisation mène, depuis près de deux ans, une opposition constante aux différentes formules de transition mises en place après l’assassinat du président Jovenel Moïse. Il rappelle avoir refusé de participer aux gouvernements successifs, tant sous l’administration d’Ariel Henry que sous le CPT, estimant que ces structures ne répondaient pas aux exigences d’une transition crédible.
Au cœur de la proposition défendue par l’Opposition plurielle figure la remise du pouvoir exécutif à un juge de la Cour de cassation. Selon Jeantel Joseph, cette option s’inscrirait dans une logique constitutionnelle et permettrait de rétablir un cadre institutionnel propice à l’organisation des élections. Toutefois, aucun détail précis n’a été fourni sur les modalités juridiques, politiques et sécuritaires de la mise en œuvre de cette proposition.
Par ailleurs, l’Opposition plurielle évoque la formation, après le 7 février, d’un gouvernement d’union nationale. Là encore, les contours de cette initiative restent à définir, notamment en ce qui concerne le processus de concertation et les forces politiques appelées à y participer.
Interrogé sur les débats autour d’une éventuelle révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, Jeantel Joseph a estimé que cette controverse relève d’une manœuvre de diversion. Selon lui, un arrêté présidentiel suffirait à mettre fin aux fonctions du chef du gouvernement, rendant superflus les débats actuels. Il considère ces tensions comme un facteur supplémentaire de confusion au sein de l’exécutif.
Le responsable politique accuse également le CPT de chercher à prolonger son maintien au pouvoir au-delà du 7 février, tout en rejetant toute responsabilité dans ce qu’il qualifie de blocage institutionnel.
Enfin, l’Opposition plurielle annonce une série de manifestations prévues du 29 janvier au 7 février à travers le pays. Ces mobilisations visent à exiger le départ du CPT, l’installation d’un juge de la Cour de cassation à la tête de l’État, ainsi que le rétablissement de la sécurité et l’organisation d’élections.
Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)
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