Haïti : l’opposition interpelle la nation face au vide institutionnel

La fin du mandat du Conseil présidentiel de transition plonge Haïti dans un vide institutionnel, ravivant les inquiétudes d’une population confrontée à l’insécurité, à la paralysie des services publics et à la défiance envers l’État.

Port-au-Prince, 9 février 2026. Dans ce contexte, l’opposition plurielle a pris la parole dimanche 8 février à Delmas, appelant à une sortie de crise strictement encadrée par la Constitution. Elle a proposé un schéma de gouvernance bicéphale, avec un président issu de la Cour de cassation et un Premier ministre consensuel, afin de rétablir une légitimité institutionnelle minimale.

Pour l’opposition, la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition illustre l’échec des arrangements politiques extra-constitutionnels qui se sont succédé ces dernières années. « Toute alternative qui s’écarterait de la Constitution serait non seulement illégitime, mais dangereuse », a déclaré Me Evel Fanfan, soulignant le rôle central de la Cour de cassation pour offrir une issue légale à la crise.

Cette posture constitutionnaliste se heurte toutefois à une réalité politique complexe. Le pays est actuellement dirigé par un Premier ministre révoqué mais toujours en fonction, tandis que les groupes armés gagnent en influence et que les services publics continuent de s’effondrer.

Me Jeantel Joseph, président de l’opposition plurielle, qualifie cette situation d’« inacceptable et périlleuse pour l’avenir démocratique d’Haïti ». Selon lui, le maintien de ce vide institutionnel risque de normaliser l’illégalité et d’installer une gouvernance par la force. Il appelle à une mobilisation des forces vives de la nation et à la mise en place d’un consensus national impliquant la société civile, les partis politiques et les institutions républicaines encore fonctionnelles.

Face à l’absence d’autorités légitimées, l’opposition met en garde contre toute consolidation du pouvoir hors cadre légal et l’aggravation de l’insécurité. Elle invite l’ensemble des acteurs politiques et citoyens à privilégier la responsabilité collective et le respect strict des règles constitutionnelles pour éviter une dérive nationale.

Les prochains jours seront déterminants pour savoir si la classe politique haïtienne pourra répondre à l’urgence nationale ou si le pays continuera de naviguer sans repères institutionnels.

Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)


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