Haïti : l’ONU alerte sur la traite d’enfants impliquant des gangs
Un rapport conjoint publié le 20 février 2026 par le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) met en lumière l’ampleur de la traite et de l’exploitation d’enfants par des groupes armés en Haïti. Les Nations Unies appellent à une réponse urgente et coordonnée fondée sur le respect des droits humains.

Rendu public à Genève, le document indique que la majorité des 26 gangs identifiés sur le territoire haïtien auraient recours au recrutement et à l’exploitation de mineurs. Selon le rapport, les enfants sont utilisés pour diverses activités, notamment la surveillance, le transport d’armes ou de biens, ainsi que la collecte d’extorsions. Certains seraient également contraints de participer à des actes violents, y compris des enlèvements.
Les Nations Unies estiment que ces pratiques exposent les enfants à des risques graves et compromettent leur développement ainsi que leur avenir.
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, évoque des conséquences « dévastatrices » pour les victimes, leurs familles et la société haïtienne. De son côté, le chef du BINUH, Carlos Ruiz Massieu, appelle à une mobilisation accrue des autorités nationales et de la communauté internationale.
Le rapport cite des données préoccupantes. En 2024, les Nations Unies estimaient que plus de 500 000 enfants vivaient dans des zones sous contrôle direct ou indirect de groupes armés. Par ailleurs, plus de 1,4 million de personnes auraient été déplacées par la violence, dont une proportion importante d’enfants.
Le document souligne également des fragilités institutionnelles. La pauvreté, l’exclusion sociale et la faiblesse des structures étatiques figurent parmi les facteurs favorisant le recrutement de mineurs. Le rapport mentionne aussi des cas où des enfants associés à des gangs seraient traités comme des auteurs d’infractions plutôt que comme des victimes. Des allégations d’exécutions sommaires et de représailles attribuées à des groupes d’autodéfense sont également relevées.
Face à la situation, les Nations Unies formulent plusieurs recommandations, dont l’élargissement des programmes de protection sociale, le renforcement de l’accès à l’éducation, la mise en place d’espaces sûrs pour les jeunes et le développement de formations professionnelles. Le rapport préconise également des interventions policières conformes aux normes internationales des droits humains, en privilégiant les mécanismes de réinsertion pour les enfants concernés et en renforçant la lutte contre l’impunité.
Enfin, les Nations Unies appellent à l’application stricte de l’embargo sur les armes et à un renforcement des mesures visant à lutter contre le trafic illicite d’armes, considéré comme un facteur aggravant de la violence des gangs en Haïti.
Jean Allens Macajoux
Vant Bèf Info ( VBI)
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