Haïti : l’OEA appelle à l’abrogation du décret sur les « crimes de presse »
Le Bureau du Rapporteur spécial pour la liberté d’expression de l’Organisation des États américains (OEA) a appelé, dans un communiqué publié le 28 janvier 2026, les autorités haïtiennes à retirer le décret adopté en décembre 2025 sur les « crimes de presse ». Selon l’institution, ce texte constitue une menace grave pour la liberté d’expression et risque d’affaiblir davantage le débat démocratique dans le pays.

Washington, le 29 janvier 2026
Dans sa prise de position, le Bureau estime que le décret, adopté par le Conseil présidentiel de transition, criminalise la critique des autorités et introduit des infractions pénales liées aux activités de la presse et à l’usage des réseaux sociaux. Les dispositions visent notamment la diffamation, les insultes et la diffusion d’informations jugées susceptibles de perturber l’ordre public.
Les sanctions prévues par le décret sont sévères : jusqu’à trois ans de prison et 100 000 gourdes d’amende, auxquelles peuvent s’ajouter des peines complémentaires, telles que des travaux forcés ou l’obligation de présenter des excuses publiques. Pour le Bureau du Rapporteur spécial, ces mesures encouragent l’autocensure des journalistes et limitent le droit du public à une information libre et pluraliste.
Rattaché à la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), le Rapporteur spécial pour la liberté d’expression rappelle que la presse indépendante joue un rôle central dans la dénonciation des violations des droits humains, en particulier dans un contexte de crise prolongée comme celui que traverse Haïti.
Face à cette situation, le Bureau appelle les autorités haïtiennes à abroger le décret et à garantir un cadre juridique conforme aux standards interaméricains en matière de liberté d’expression.
Avant la réaction du Bureau du Rapporteur spécial pour la liberté d’expression de l’Organisation des États américains (OEA) autour de ce décret du CPT, décrié alors même que son mandat arrive à terme le 7 février 2026, l’Association nationale des médias haïtiens était montée aux créneaux pour qualifier ce texte encadrant l’exercice de la liberté d’expression de rétrograde et d’antidémocratique.
Wilda DENESTANT
Vant Bèf Info (VBI)
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