Haïti : L’OCNH exhorte l’État à honorer ses engagements en matière de droits humains

Dans un communiqué publié ce lundi, l’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) appelle les autorités haïtiennes à respecter pleinement leurs engagements internationaux en matière de droits humains, notamment ceux découlant du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Cet appel fait suite à la 144e session du Comité des droits de l’homme des Nations Unies, tenue à Genève du 30 juin au 4 juillet, à laquelle l’OCNH a activement pris part.

Port-au-Prince, 7 juillet 2025 –

Me Camille Occius, directeur exécutif de l’OCNH, a participé à deux séances de travail avec les membres du Comité, les 30 juin et 2 juillet. Ces échanges ont permis de dresser un tableau sombre de la situation des droits humains en Haïti, dans un contexte de crise prolongée, de violences généralisées et de délitement institutionnel.

Parmi les problématiques soulevées : l’accès difficile aux documents d’identité, les dysfonctionnements du système judiciaire, l’impunité endémique, la corruption, la recrudescence des violences sexuelles et la précarité extrême des personnes déplacées internes. À cela s’ajoutent des obstacles majeurs à l’accès aux soins de santé, le tout dans un climat de violence exacerbée par la montée en puissance des gangs armés.

L’OCNH a également assisté, les 3 et 4 juillet, au dialogue interactif entre le Comité onusien et la délégation haïtienne conduite par la ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes. L’Office de la Protection du Citoyen (OPC), en tant qu’institution nationale des droits humains, y était également représenté.

L’organisation déplore toutefois une préparation jugée insuffisante du côté haïtien, laissant plusieurs questions du Comité sans réponse. Elle critique également le manque de communication autour de cette évaluation, qui a freiné l’implication de la société civile et limité la couverture médiatique de cet exercice pourtant crucial.

Face à ces lacunes, l’OCNH formule plusieurs recommandations :

Fournir des réponses claires aux questions restées en suspens ;

Mettre en œuvre de manière effective les recommandations à venir ;

Renforcer la préparation des prochaines échéances internationales en impliquant toutes les institutions concernées ;

Favoriser une participation active de la société civile haïtienne aux mécanismes internationaux de suivi.

L’OCNH appelle par ailleurs le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et les partenaires internationaux à intensifier leurs efforts en matière de sensibilisation et de renforcement des capacités des acteurs nationaux.

« La participation d’Haïti à ces instances internationales ne doit pas être perçue comme une simple formalité administrative. Elle engage la responsabilité de l’État dans la protection effective des droits fondamentaux de ses citoyens », rappelle Me Occius. Il plaide pour une approche plus rigoureuse, structurée et inclusive, afin d’assurer un véritable suivi des engagements pris depuis la ratification du Pacte, le 6 février 1991.

« Il est impératif que l’État haïtien cesse de traiter ces mécanismes comme de simples obligations bureaucratiques. Ils doivent être saisis comme des leviers pour bâtir une société respectueuse des droits humains », conclut-il.

À noter que, selon les données du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), la situation des droits humains dans le pays est restée extrêmement préoccupante au premier trimestre 2025. Entre le 1er janvier et le 31 mars, au moins 1 617 personnes ont été tuées et 580 blessées dans des violences impliquant gangs armés, groupes d’autodéfense ou forces de sécurité. Parallèlement, 161 enlèvements ont été recensés, dont 63 % dans le département de l’Artibonite.

Mederson Alcindor
Vant Bèf Info (VBI)


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