Haïti : l’ex-mairesse de l’Arcahaie Rosemila Sainvil Petit-Frère entre la justice et le risque vital
Remise aux autorités haïtiennes depuis le mois d’août par la République dominicaine, l’ancienne mairesse de la commune de l’Arcahaie, Rosemila Sainvil Petit-Frère, est toujours détenue à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), en dépit de la dégradation de son état de santé.

Port-au-Prince, le 12 novembre 2025.- Selon plusieurs sources concordantes, la situation médicale s’aggrave chaque jour. Contrairement aux déclarations du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Fritz Patterson Dorval, Mme Petit-Frère n’a pas été libérée, elle se trouve toujours hospitalisée, sous haute surveillance policière, et serait maintenue menottée en permanence, d’après ses proches. Son état se serait considérablement détérioré après son audition au parquet.
Le corps médical qui la suit tire la sonnette d’alarme. « Depuis un mois, nous avons formulé des recommandations claires. Le pays ne dispose plus de service de neurochirurgie ni d’appareil d’IRM. Le traitement de Mme Petit-Frère ne peut plus être assuré ici. Elle doit impérativement être évacuée à l’étranger pour recevoir les soins nécessaires », confie un membre de l’équipe médicale, sous couvert d’anonymat.
L’ancienne élue, qui a déjà subi quatre interventions chirurgicales à la tête, dont certaines à l’étranger, aurait dû bénéficier d’une liberté provisoire pour raisons médicales, selon une annonce faite par le commissaire du gouvernement, Me Fritz Patterson Dorval, peu après son audition. Cependant, cette mesure n’a toujours pas été appliquée.
Son avocat, Me Jean Riboul Casimir, a adressé une requête au parquet, sollicitant le transfert urgent de sa cliente vers un centre hospitalier à La Havane à Cuba ou dans un autre pays disposant d’équipements adéquats. Il demande également la restitution de son passeport et de ses documents de voyage, bloqués au bureau du commissaire du gouvernement.
« Ma cliente ne cherche qu’à se soigner. Elle s’engage à répondre à la justice dès que son état le permettra », plaide l’avocat, évoquant une situation humanitaire urgente.
Plusieurs voix s’élèvent désormais pour interpeller les autorités judiciaires sur le sort de Rosemila Sainvil Petit-Frère. Alors que son état de santé se dégrade, le silence des institutions interroge sur la capacité de la justice à concilier rigueur et humanité.
Vant Bèf Info (VBI)
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