Haïti : L’ANAGH dénonce des agressions policières ciblées contre greffiers et huissiers
L’Association nationale des greffiers d’Haïti (ANAGH) a lancé un avertissement public contre ce qu’elle qualifie de violences policières répétées à l’encontre de plusieurs acteurs du système judiciaire, notamment des greffiers, commis de parquet et huissiers.

Port-au-Prince, 21 octobre 2025 – Dans une note publiée cette semaine, l’Association évoque une “chasse à l’homme” menée par certains agents de la Police nationale d’Haïti (PNH) et dénonce une “dérive institutionnelle alarmante”, suggérant que la force publique serait en train de se substituer à la loi.
Des cas documentés de violences
L’ANAGH affirme que plusieurs incidents récents ont impliqué des membres de la PNH, accusés d’agressions physiques contre des fonctionnaires judiciaires dûment assermentés. Parmi les cas cités :
9 juillet 2025, Jérémie : L’huissier Jean Lenis Sénéa aurait été violemment frappé par une policière.
6-7 septembre, Dame-Marie : Le commis du parquet Garlin Hilaire aurait été battu malgré la présentation de sa carte d’identité professionnelle.
2-3 octobre, Haut du Cap : Le greffier Paplito Louiceus, du tribunal de paix de Delmas, aurait été agressé par un policier en service.
16 septembre, Léogâne : Le greffier Ivanel Jules aurait été malmené par un agent après s’être identifié.
Ces accusations, bien que graves, sont pour l’instant basées uniquement sur les déclarations de l’ANAGH. Aucune réaction officielle de la PNH n’a été publiée à ce jour.
Incident au tribunal de Jérémie : une escalade préoccupante
Un événement survenu au tribunal de première instance de Jérémie est particulièrement mis en avant dans la note de l’ANAGH. Selon l’Association, une cinquantaine de policiers armés auraient envahi les locaux lors d’une audience correctionnelle, en réaction à une plainte déposée par un huissier contre l’une de leurs collègues.
L’intervention aurait entraîné des actes de vandalisme, des dégradations de matériel, et même des agressions contre un policier judiciaire. L’ANAGH considère cet incident comme une “atteinte frontale à l’indépendance du pouvoir judiciaire” et une “insulte à l’État de droit”.
Appels à l’action et menaces de blocus
Dans sa déclaration, l’ANAGH appelle :
Le Directeur général de la PNH et l’Inspection générale à ouvrir une enquête pour identifier et sanctionner les agents impliqués.
Le ministère de la Justice à se positionner clairement sur ces faits.
Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) à prendre publiquement la défense des institutions judiciaires.
Enfin, l’Association menace de refuser toute collaboration avec les commissariats concernés, si aucune mesure n’est prise dans un “délai raisonnable”. Cela inclurait le refus de recevoir les détenus, prévenus ou accusés conduits par des policiers impliqués dans ces incidents.
“Résistance légitime”
La note se termine sur une tonalité solennelle, affirmant que cette posture constitue un “acte de résistance légitime et de dignité institutionnelle”, destiné à protéger “l’honneur de la justice haïtienne”.
Sarah-Lys Jules
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