Haïti : la sécurité des élections du 13 décembre reste un défi
À deux mois des élections annoncées pour le 13 décembre 2026, le gouvernement haïtien évalue la situation sécuritaire. Toutefois, les mesures concrètes pour protéger les électeurs restent à préciser.

Port-au-Prince, 13 octobre 2026. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a présidé, ce mardi, une réunion sur la sécurité électorale. L’objectif était d’évaluer la situation nationale et de préparer les prochaines élections.
La rencontre a réuni des représentants du Conseil électoral provisoire (CEP), le ministre de la Défense, le directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), le commandant en chef des Forces armées d’Haïti (FAd’H) et le commandant en chef de la Force de répression des gangs (FRG).
Selon la Primature, les discussions ont porté sur les conditions de sécurité nécessaires à l’organisation du scrutin. Elles doivent également permettre au CEP de mieux évaluer la situation sur le terrain.
Sécurité électorale : des défis persistent sur le terrain
Cette réunion intervient dans un contexte où la sécurité constitue un enjeu majeur pour l’organisation des élections. En effet, les autorités doivent garantir la protection des électeurs et faciliter leur accès aux centres de vote.
Cependant, les concertations institutionnelles ne suffisent pas à assurer la sécurité du scrutin. Des mesures opérationnelles, des moyens adaptés et une coordination efficace restent indispensables.
Par ailleurs, la sécurisation des axes routiers et l’accès aux zones touchées par l’insécurité représentent des défis importants. Les autorités devront donc démontrer leur capacité à protéger les citoyens et à faciliter leur participation au vote.
Le CEP face aux garanties de sécurité
La participation du CEP à cette réunion souligne l’importance de la sécurité dans la préparation des élections. En effet, l’institution doit disposer d’informations fiables pour évaluer les conditions d’organisation du scrutin.
Toutefois, ces informations ne garantissent pas, à elles seules, le bon déroulement des opérations électorales. La protection des candidats, la sécurisation des bureaux de vote et la libre circulation des électeurs nécessitent également des dispositions concrètes.
Or, le communiqué de la Primature ne précise ni les mesures retenues ni les ressources prévues pour leur mise en œuvre. Il ne présente pas non plus d’échéancier détaillé.
Dès lors, plusieurs questions restent en suspens. Quelles dispositions seront prises pour protéger les électeurs ? Quels moyens seront mobilisés ? Et dans quels délais les mesures annoncées seront-elles appliquées ?
Élections en Haïti : des engagements aux résultats attendus
La Primature affirme vouloir créer un environnement favorable à des élections crédibles, inclusives et démocratiques. Elle présente également la sécurité nationale et le retour à l’ordre constitutionnel comme des priorités gouvernementales.
Cependant, la concrétisation de ces engagements reste déterminante. À mesure que la date annoncée du scrutin approche, les autorités devront préciser leurs mesures et démontrer leur efficacité.
En définitive, l’enjeu ne se limite pas à la préparation institutionnelle des élections. Il concerne aussi la capacité des citoyens à exercer librement leur droit de vote.
Ainsi, l’évaluation de la situation sécuritaire constitue une première étape. Néanmoins, la crédibilité du processus électoral dépendra des mesures effectivement mises en œuvre et des résultats observés sur le terrain.
Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)
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