Haïti/Education: le COPLASEHQ lance un nouveau mot d’ordre de grève pour dénoncer l’irresponsabilité des autorités éducatives
Ce mardi 20 janvier 2026 marque le premier anniversaire de la signature d’un accord entre les autorités éducatives et des sindicats d’enseignants. Un an après, les engagements n’ont pas été suivis d’effets. Aussi, un nouveau mot d’ordre de grève est lancé.

Port-au-Prince, le 20 janvier 2026. Lorsque l’État trahit sa parole, l’école entre en résistance. C’est le mot d’ordre des protestataires qui ont attendu un an, en vain, la concrétisation des promesses du ministre Augustin Antoine à travers l’acte d’engagement du 20 janvier 2025 entre l’État haïtien et les plateformes syndicales du secteur éducatif.

Les engagements n’ont pas été respectés mais relégués au rang de simples promesses politiques sans suite concrète, dénoncent les initiateurs du mot d’ordre de grève.
Ils sont regroupés au sein de la Coalition des Plateformes et des Syndicats pour une Éducation Haïtienne de Qualité (COPLASEHQ) et revandiquent plus de dix-sept organisations syndicales nationales, départementales et communales comme membres.
Ils affirment que cette grève n’est pas lancée par plaisir ou par calcul politique. “Nous y avons été contraints à cause de l’irresponsabilité persistante des autorités étatiques, incapables d’honorer leur parole vis-à-vis des travailleurs du système éducatif, disent-ils.
Ils affirment que pendant douze mois, malgré la patience, la retenue et le sens de responsabilité des enseignants, l’État, à travers le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), la Primature et le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), a fait le choix délibéré de l’inaction.
Aucun calendrier clair, aucune mesure structurelle, aucun respect effectif de l’Acte d’engagement signé.
Pourtant, les autorités annoncent des projets coûteux de « refondation du système éducatif », alors que ce système est déjà reconnu comme profondément défaillant. “L’école s’est effondrée: avait lamentablement déclaré le ministre Augustin Antoine.
Pour les syndicats d’enseignants, il s’agit d’une contradiction flagrante, d’un mépris institutionnel.
Comment prétendre refonder un système éducatif sans respecter ceux qui en sont les piliers, Se demandent-ils.
Comment parler de réforme quand les enseignants sont laissés dans la précarité, sans ajustement salarial décent, sans conditions de travail dignes, sans reconnaissance réelle de leur rôle social ?
La COPLASEHQ se dit consciente que lorsqu’un élève perd du temps d’apprentissage, c’est un crime social et que chaque journée de classe perdue creuse davantage les inégalités, hypothèque l’avenir de milliers d’enfants issus majoritairement des écoles publiques et affaiblit durablement la compétitivité du pays.
Cependant, elle souligne que la responsabilité première de cette situation incombe à l’État, non aux enseignants qui réclament simplement le respect d’engagements légalement signés.
Pour les syndicalistes, la grève du 20 janvier 2026 est un acte de résistance citoyenne et un signal fort adressé aux autorités, leur rappelant que l’éducation ne peut plus être sacrifiée sur l’autel de l’improvisation politique et du mépris administratif.
En appelant à une mobilisation générale dans toutes les écoles publiques et en sollicitant la solidarité des établissements privés, la COPLASEHQ inscrit son action dans un cadre légal, responsable et profondément patriotique.
La grève du 20 janvier 2026 restera, qu’on le veuille ou non, comme un moment charnière, dit-elle. Soit l’État choisit enfin le dialogue sincère et l’action concrète, soit il assumera la responsabilité historique d’avoir provoqué une crise éducative aux conséquences incalculables.
Dodeley Orélus
Vant Bèf Info (VBI)
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