Haïti : des organisations de la société civile proposent un « Pacte national » pour une transition citoyenne

Des organisations de la société civile, dont le MOPANOUH et Réveye Ayiti, ont présenté mercredi à Delmas une initiative baptisée Pacte national haïtien (PANAH), visant à proposer un cadre de transition politique et institutionnelle dans un contexte de crise prolongée.

Delmas, 7 janvier 2026. —Lors d’une conférence de presse, les initiateurs ont indiqué que le projet entend offrir une alternative aux mécanismes actuels de gouvernance, qu’ils jugent insuffisants pour rétablir la stabilité politique, la sécurité et la confiance des citoyens dans les institutions publiques.

Selon Roudy Dorvéus, porte-parole de l’initiative, le PANAH se présente comme une feuille de route pour la reconstruction de l’État, fondée sur trois principes : la justice sociale, l’intégrité territoriale et l’unité nationale. Il a précisé que le projet vise l’établissement d’une transition qualifiée de « citoyenne et souveraine », en rupture avec les accords politiques perçus comme imposés de l’extérieur.

Pour sa part, Willins Florestal, porte-parole adjoint, a estimé que le Conseil présidentiel de transition (CPT) n’est pas parvenu à stabiliser le pays, évoquant des divisions internes, une faible légitimité populaire et une forte dépendance à l’égard des appuis internationaux. Il a également souligné la persistance de l’insécurité, la dégradation de la situation économique et l’augmentation de la pauvreté.

Dans leur proposition, les organisations suggèrent de confier la gestion de la transition à la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA), qu’elles présentent comme une institution constitutionnelle indépendante susceptible d’assurer une gouvernance technique et neutre. Cette structure serait chargée d’assurer la continuité de l’État, de mettre en œuvre des réformes jugées urgentes et de préparer l’organisation d’élections.

Le Pacte national haïtien s’articule autour de plusieurs axes, notamment l’organisation d’un dialogue national inclusif, le rétablissement de la sécurité, la relance économique axée sur la production nationale et l’emploi des jeunes, ainsi que la mise en place de mécanismes de transparence et de reddition de comptes.

Les initiateurs affirment que leur démarche vise à favoriser un consensus national autour d’un processus de transition qu’ils estiment plus représentatif des aspirations citoyennes. Aucune réaction officielle des autorités n’était disponible au moment de la rédaction.

Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)


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