Haïti : des déplacés de Delmas et de Solino manifestent pour exiger leur retour dans leurs quartiers
Des personnes déplacées originaires de Bas-Delmas et de Solino, hébergées au camp du ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC), à Delmas 33, ont entamé un mouvement de protestation tôt dans la matinée du lundi 19 octobre 2026. Elles réclament des autorités haïtiennes et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) des mesures concrètes pour faciliter leur retour chez elles, après plus de six mois d’attente.

Delmas,le 19 octobre 2026-
La patience des personnes déplacées semble atteindre ses limites. Tôt lundi matin, des familles originaires de Bas-Delmas et de Solino, contraintes de fuir leurs quartiers en raison de l’insécurité, ont manifesté dans le camp installé dans les locaux du MTPTC, à Delmas 33. Leur principale revendication : obtenir des autorités les moyens nécessaires pour rentrer chez elles dans des conditions dignes et sécurisées.
Selon les informations communiquées par les protestataires à la rédaction de Vant Bèf Info (VBI), l’État haïtien leur aurait promis une aide financière de 100 000 gourdes par famille afin de faciliter leur retour. Pourtant, plus de six mois après cet engagement, aucun occupant du camp n’aurait reçu le moindre versement, dénoncent-ils.
Pendant que les promesses tardent à se concrétiser, les familles déplacées continuent de vivre dans des conditions particulièrement difficiles. Le camp, qui accueille des personnes contraintes d’abandonner leur domicile pour échapper aux violences armées, fait face à une situation sanitaire préoccupante.
Les toilettes sont saturées et débordent, tandis que les déchets s’accumulent. Des rats et des cafards circulent jusque dans les espaces où les résidents préparent et consomment leurs repas, exposant davantage les occupants aux risques sanitaires.
La situation est encore plus pénible pour les personnes les plus vulnérables. Lorsqu’il pleut, les familles peinent à trouver un abri adéquat pour se protéger. Les nourrissons, les femmes enceintes et les autres personnes fragilisées sont particulièrement exposés à ces conditions de vie précaires, alors que les espaces disponibles ne permettent pas toujours aux familles de se reposer convenablement.
Face à cette situation, les déplacés réclament des actes plutôt que de nouvelles promesses. Ils demandent à l’État et à l’OIM de prendre les dispositions nécessaires pour rendre possible leur retour dans leurs quartiers d’origine, dans des conditions garantissant leur sécurité et leur dignité.
Cette mobilisation intervient dans un contexte où les besoins des populations déplacées restent considérables en Haïti. Alors que des milliers de familles sont confrontées à la perte de leur logement et à la précarité, la lenteur de la réponse institutionnelle suscite frustration et indignation parmi les personnes concernées.
Les manifestants dénoncent également ce qu’ils considèrent comme une mauvaise répartition des ressources publiques, estimant que les groupes les plus vulnérables ne bénéficient pas d’un soutien à la hauteur de leurs besoins. Ils pointent notamment la responsabilité du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui exerce également les fonctions de président provisoire.
Pour ces familles, l’urgence est désormais de sortir de l’attente et de retrouver un logement ainsi qu’un cadre de vie décent. Au-delà des promesses financières, leur mobilisation met en évidence une exigence fondamentale : pouvoir rentrer chez soi sans être contraint de choisir entre l’insécurité et des conditions de vie indignes dans un camp de déplacés.
Uguenson Auguste
Vant Bèf Info (VBI)
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