Haïti : des citoyens exigent une transition sans la classe politique
Face à l’insécurité et à l’échec de la classe politique, des citoyens appellent à une transition menée par des socio-professionnels, incluant des universitaires, des leaders communautaires, des experts en sécurité, des juristes, des jeunes et des femmes. Selon ces citoyens interrogés mardi, à Port-au-Prince, avec des acteurs politique au pouvoir, on risque des élections contestées.

Port-au-Prince, le 14 janvier 2026.-
La colère et la lassitude gagnent du terrain au sein de la population haïtienne face au bilan jugé catastrophique du Conseil présidentiel de transition (CPT). Après plusieurs mois de gouvernance transitoire, les promesses de redressement ont laissé place à une réalité marquée par l’aggravation de l’insécurité, la paralysie des institutions et l’absence de perspectives concrètes. Pour de nombreux citoyens, le CPT n’a fait que reproduire les méthodes d’une classe politique discréditée et déconnectée des urgences nationales.
Le mandat du Conseil présidentiel de transition est officiellement arrivé à terme le 7 février 2026, une date qui renforce les interrogations sur la légitimité de sa poursuite. Cette échéance symbolise, pour une large partie de l’opinion publique, la fin d’un cycle politique qui n’a pas su répondre aux attentes fondamentales du pays, notamment en matière de sécurité, de gouvernance et de services essentiels.
Dans ce contexte, la population exprime un rejet croissant des politiciens qui plaident pour une nouvelle transition façonnée par et pour les mêmes acteurs. Beaucoup y voient une tentative de confiscation du pouvoir, au mépris de la souffrance quotidienne des citoyens, livrés à la violence des gangs armés et à la détérioration continue de leurs conditions de vie.
Face à l’impasse, des organisations de la société civile, des leaders communautaires et des voix indépendantes appellent désormais à une transition conduite par des socio-professionnels issus de divers horizons : experts en sécurité, magistrats, universitaires, organisations de jeunes et de femmes, leaders communautaires et acteurs humanitaires. L’objectif affiché est de restaurer l’autorité de l’État, démanteler les réseaux criminels et remettre le pays sur la voie de la stabilité.
Pour beaucoup d’Haïtiens, l’expérience des transitions menées par des politiciens constitue un échec répété. Loin de stabiliser le pays, elles ont souvent approfondi la crise et retardé toute perspective de reconstruction nationale. Dans un climat d’urgence extrême, l’appel à une transition citoyenne et inclusive apparaît ainsi comme une alternative crédible pour rompre avec un système politique jugé responsable de l’effondrement actuel.
Azaine Mauryle
Vant Bèf Info (VBI)
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