Haïti : Cinq mois d’exil, et toujours pas de retour possible pour les déplacés du Centre

Des victimes des violences du gang « Taliban-400 Mawozo » appellent à une mobilisation collective pour reconstruire leurs vies et leurs foyers.

Crédit photo Ocha haiti

Port au Prince le 2 septembre 2025 —

 Cinq mois après avoir fui Mirebalais et Saut-d’Eau sous les balles des hommes armés du gang « Taliban-400 Mawozo », des centaines de déplacés internes se souviennent encore du drame du 31 mars dernier. Ce jour-là, des familles entières ont été attaquées, tuées ou contraintes à fuir, ne gardant que les vêtements qu’elles portaient.

Selon les témoignages, les assaillants ont massacré sans distinction bébés, enfants, personnes âgées, jeunes et adultes. Les membres de la coalition criminelle « Viv Ansanm » ont pillé les biens des habitants, incendié des maisons et saccagé des bâtiments publics, plongeant toute une région dans le deuil et le désarroi.

« Cette journée maudite, qui continue de faire couler des larmes dans nos yeux, doit devenir un jour de réflexion. Une telle honte et une telle humiliation ne doivent jamais se reproduire dans notre histoire », a déclaré Me Robinson Mazarin  porte-parole des déplacés.

Appel à l’organisation et à la solidarité

Dans une note rendue publique, disponible sur les réseaux sociaux, le Regroupement des Organisations pour le Retour et la Réparation des Déplacés du Centre (RORRD-CENTRE), qui regroupe des représentants de Mirebalais, Saut-d’Eau, Savanette et Lascahobas, a présenté une série de propositions et de projets pour assurer un retour sécurisé des familles déplacées.

Cette structure plaide pour une mobilisation des forces vives locales et nationales, ainsi que des bons Samaritains de tous horizons, afin d’accompagner les survivants dans leur reconstruction.

« Pour que nous puissions retourner chez nous le plus rapidement possible et éviter que notre tragédie ne se répète, nous devons nous organiser et agir ensemble », poursuit maitre Robinson Mazarin.

Le dossier des victimes déplacées du Centre semble avoir été relégué au second plan. Le conseiller présidentiel Fritz Alphonse Jean n’a pas réussi à faciliter le retour des victimes dans leurs demeures respectives. Quant à l’actuel coordonnateur du CPT, Laurent Saint-Cyr, il n’y a jamais fait allusion lors de ses interventions publiques.

Les communes de Saut-d’Eau et de Mirebalais sont livrées à elles-mêmes. Pendant que des familles entières, arrachées à leurs foyers par la violence armée, attendent secours et justice, les autorités semblent accorder plus d’importance à la tenue des élections qu’à la restauration de la dignité et des droits de ces victimes, oubliées dans l’urgence politique.

Uguenson Auguste
Vant bèt info (VBI)


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