Haïti : après 30 ans de missions de l’ONU, l’insécurité reste intacte
Depuis 1993, Haïti a accueilli une douzaine de missions onusiennes. De la MICIVIH à la MINUSTAH, jusqu’à la récente MSS dirigée par le Kenya, ces interventions n’ont pas réussi à ramener la stabilité. Aujourd’hui, Washington et Panama proposent une nouvelle force plus robuste pour affronter les gangs.

Depuis plus de trois décennies, Haïti est au centre d’opérations internationales censées ramener la paix. Pourtant, l’insécurité s’aggrave. La récente Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS), dirigée par le Kenya depuis 2024, en est la preuve.
Prévue pour 2 500 soldats, elle n’en a finalement déployé qu’environ 1 000. Après quinze mois de présence, son bilan reste décevant : les gangs étendent leur contrôle dans des zones stratégiques comme l’Artibonite et le Centre, et plus de 1,3 million de personnes ont été contraintes de fuir leur maison.
Des précédents qui laissent un goût amer
Haïti a connu plusieurs interventions étrangères. Parmi elles, la MINUSTAH (2004-2017) fut la plus marquante, avec plus de 11 000 soldats. Elle a aidé à stabiliser le pays après le séisme de 2010, mais a aussi été éclaboussée par de graves scandales : introduction du choléra, abus sexuels, violations des droits humains.
Ces dérives ont laissé une profonde méfiance vis-à-vis des missions internationales.
Une nouvelle force à l’horizon ?
Face à l’échec de la MSS, les États-Unis et le Panama proposent une nouvelle mission internationale. Celle-ci compterait 5 500 soldats, avec un mandat plus offensif contre les gangs armés. L’objectif : reprendre les territoires perdus et rétablir un minimum de sécurité.
Mais une question demeure : après plus de 30 ans d’interventions étrangères, Haïti peut-il vraiment retrouver la stabilité grâce à une nouvelle mission, ou risque-t-il de revivre les mêmes
Yevs Manuel
Vant Bef Info ( VBI )
Discover more from Vant Bèf Info (VBI)
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
