Haïti : Akò LARI A critique le nouvel accord politique de transition
L’organisation socio-politique Akò LARI A a publié, vendredi 14 novembre, un communiqué dans lequel elle exprime une position vivement critique à l’égard du nouvel accord politique intitulé « Consensus pour le redressement national et la réorientation de la transition ». Ce document a été signé récemment par plusieurs acteurs également parties prenantes à l’Accord du 3 avril 2024.

PORT-AU-PRINCE, le 24 novembre 2025.
Selon Akò LARI A, les signataires de ce nouvel accord notamment les partis Pitit Dessalines et EDE, tous deux représentés au sein du Conseil présidentiel de transition (CPT) portent une responsabilité dans la dégradation de la gouvernance au cours de la dernière décennie.
L’organisation affirme que les décisions et stratégies adoptées par ces formations politiques auraient contribué à « une instabilité institutionnalisée » dont la population haïtienne subirait aujourd’hui les effets.
Engagements non tenus, selon l’organisation
Dans son communiqué, Akò LARI A rappelle que ces partis s’étaient engagés, devant la population, à :
rétablir la sécurité ;
relancer l’économie ;
organiser un référendum ;
tenir des élections crédibles.
Aucun de ces engagements prioritaires n’aurait été respecté, estime l’organisation. À ses yeux, si ces objectifs avaient été atteints, il n’y aurait pas eu nécessité d’un nouvel accord évoquant un « redressement national » ou une « réorientation de la transition ». L’existence même de ce document serait, selon elle, la preuve de l’échec des acteurs qui le signent aujourd’hui.
Des intérêts particuliers en cause ?
Akò LARI A accuse également les acteurs politiques impliqués dans la transition d’avoir privilégié des intérêts personnels au détriment de ceux de la nation. La période transitoire aurait été utilisée, affirme-t-elle, pour « renforcer des positions individuelles », alors que les priorités nationales sécurité, gouvernance, protection de la population demeurent non résolues. L’organisation met en avant plusieurs indicateurs qu’elle considère comme préoccupants :
1,4 million de déplacés internes ;
environ 500 000 armes illégales en circulation ;
seulement 45 000 armes enregistrées dans le système officiel de contrôle de la Police nationale.
Face à ces constats, Akò LARI A voit dans la signature du nouvel accord une tentative supplémentaire de maintenir des arrangements politiques jugés opaques, sans apporter de solutions concrètes aux urgences du pays. Elle considère qu’il n’existe, dans ce texte, « aucune rupture réelle » avec les pratiques ayant fragilisé l’État haïtien.
Un appel à la vigilance citoyenne
L’organisation appelle enfin les forces citoyennes, sociales et institutionnelles à faire preuve de vigilance, à analyser de manière critique les implications de l’accord et à s’engager dans la construction d’une gouvernance « responsable, transparente, cohérente et véritablement orientée vers l’intérêt général ».
Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)
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