Haïti : AKAP rejette toute prolongation du Conseil Présidentiel de Transition après le 7 février 2026
Face à la dégradation persistante de la situation sécuritaire, politique et institutionnelle du pays, l’organisation Aksyon pou Ayiti Kapab (AKAP) a publié, ce lundi 19 janvier, un communiqué dans lequel elle met en garde contre toute tentative de prolongation du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) au-delà du 7 février 2026.

Port-au-Prince, 19 janvier 2026
Dans ce document, AKAP estime que la gouvernance actuelle du CPT a atteint ses limites juridiques, politiques et morales. L’organisation dresse un tableau sombre de la situation nationale, évoquant une insécurité généralisée, une corruption institutionnalisée et un affaiblissement préoccupant de l’autorité de l’État. Autant d’éléments qui, selon elle, alimentent une profonde crise de légitimité du pouvoir en place.
Une échéance juridiquement non négociable
AKAP rappelle que le mandat du Conseil Présidentiel de Transition arrive officiellement à échéance le 7 février 2026, une date qu’elle qualifie de « juridiquement établie et politiquement non négociable ». Pour étayer sa position, l’organisation se réfère à l’Accord politique du 3 avril 2024, notamment en ses articles 12.1 et 13, ainsi qu’au décret du 10 avril 2024 portant création, organisation et fonctionnement du CPT.
Selon AKAP, les articles 4 et 10 dudit décret consacrent clairement le caractère exceptionnel, transitoire et temporaire du Conseil Présidentiel de Transition. Ils excluent toute possibilité de renouvellement ou de prorogation de son mandat. Dès lors, toute tentative de prolongation, qu’elle soit directe ou déguisée, constituerait une violation grave des textes fondateurs de la transition et un abus manifeste de pouvoir.
Rejet d’une prolongation et recherche d’une alternative
Dans son communiqué, AKAP rejette catégoriquement toute velléité de prolongation du CPT. L’organisation estime qu’une telle démarche reviendrait à « institutionnaliser l’échec », à légitimer la corruption et à banaliser l’insécurité comme mode de gouvernance de l’État.
Face à l’impasse politique actuelle, AKAP propose que l’Université d’État d’Haïti (UEH), en tant qu’institution publique, autonome et historiquement légitime, assume un rôle de médiateur national. Cette médiation devrait, selon l’organisation, se faire en concertation avec les forces vives du pays, notamment les organisations populaires, les mouvements sociaux, les syndicats, la paysannerie, la jeunesse, ainsi que le secteur académique et les intellectuels engagés.
L’objectif serait de construire une alternative nationale « claire, souveraine et crédible », rompant avec les dérives du modèle de transition actuellement en vigueur.
Appel à la vigilance citoyenne
AKAP appelle enfin le peuple haïtien à la vigilance et à la mobilisation citoyenne afin d’éviter un retour à un modèle de gouvernance fondé sur l’improvisation, la corruption, l’insécurité et la confiscation du pouvoir. Pour l’organisation, le 7 février 2026 doit marquer la fin d’un cycle d’échecs politiques, et non l’ouverture d’une nouvelle crise.
En conclusion, Aksyon pou Ayiti Kapab réaffirme son engagement en faveur d’une Haïti souveraine, sécurisée et juste, fondée sur le respect des textes, la responsabilité politique et la dignité nationale. « La rupture n’est pas une option, elle est une nécessité historique », affirme l’organisation.
Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)
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