Haïti à la COP30 : défendre la cause des pays vulnérables face à l’urgence climatique mondiale

Alors que la planète s’apprête à se réunir du 10 au 21 novembre 2025 à Belém, au Brésil, pour la 30ᵉ Conférence des Parties des Nations unies sur le climat (COP30), Haïti prépare activement sa participation à ce rendez-vous international décisif. Dans un contexte marqué par la montée des températures, la dégradation des écosystèmes et la recrudescence des événements climatiques extrêmes, le pays entend faire entendre la voix des nations les plus vulnérables et plaider pour une action climatique équitable, financée et mesurable.

Port-au-Prince, octobre 2025.- Sous la coordination du ministère de l’Environnement, la Direction du Changement Climatique (DCC) a tenu, à Port-au-Prince, un atelier préparatoire destiné à présenter les résultats de la COP29 et de la pré-COP30, tout en harmonisant les contributions des différents acteurs nationaux : institutions publiques, partenaires techniques, société civile et secteur privé.
Cette rencontre, qualifiée de stratégique, visait à élaborer une feuille de route nationale afin de structurer la participation d’Haïti à Belém et d’y porter des positions claires, cohérentes et conformes aux priorités du pays.

« Haïti subit déjà le poids disproportionné des effets du changement climatique, bien qu’elle ne contribue que marginalement aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. Il est donc essentiel que notre voix soit entendue et respectée », a rappelé un responsable du ministère.

Des priorités clairement définies

Les discussions nationales ont permis de dégager plusieurs axes prioritaires : l’adaptation aux impacts climatiques et le renforcement de la résilience communautaire ; le financement climatique, avec une demande ferme d’accès direct et simplifié aux fonds internationaux ; la transparence dans le suivi des engagements pris au niveau mondial et les pertes et dommages, question cruciale pour les pays déjà frappés par des catastrophes récurrentes.

Haïti souhaite également consolider la cohérence entre ses engagements nationaux, notamment la Contribution déterminée au niveau national (CDN) et le Plan National d’Adaptation (PNA) – et les négociations internationales à venir.

Le ministre de l’Environnement a réaffirmé la volonté du gouvernement de faire de la diplomatie environnementale un pilier de la politique étrangère haïtienne, soulignant que la COP30 offre une tribune unique pour défendre les intérêts des États insulaires et des pays les moins avancés.
Selon lui, la solidarité internationale et la justice climatique doivent se traduire en engagements concrets : transfert de technologies, compensation financière, et soutien à la transition énergétique.

Belém, un symbole fort

En choisissant Belém, en Amazonie, comme lieu d’accueil, la communauté internationale envoie un message fort : celui de replacer la nature et les peuples autochtones au centre du débat. Pour Haïti, cette symbolique résonne avec la nécessité de protéger ses propres ressources naturelles (forêts, bassins versants, biodiversité) aujourd’hui menacées par la déforestation, l’érosion et l’insécurité

Alors que l’humanité s’approche dangereusement du seuil de 1,5 °C de réchauffement global, la COP30 représente une occasion historique de « changer de cap ». Haïti, à travers sa délégation, entend y porter un message de courage, de solidarité et de responsabilité partagée, en réclamant des mesures à la hauteur de l’urgence climatique.

« Le combat pour la survie des nations vulnérables est aussi un combat pour la survie de l’humanité. »

Came Stefada Poulard
Vant Bef Info (VBI)


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