Haïti : 1,45 million de déplacés internes, plus 39 % en un an ; la capitale concentre les sites les plus saturés selon l’OIM
Une enquête de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), révèle ce mercredi 25 février 2026, la présence de 1 450 254 personnes déplacées internes (PDI) sur l’ensemble du territoire. Ce chiffre représente une hausse de 3 % par rapport au Round 11, réalisé en septembre 2025. Sur une période plus longue, la progression est plus marquée : depuis la fin de l’année 2024 (Round 9), le nombre total de PDI a augmenté de 39 % au niveau national.

Port-au-Prince, le 25 février 2026.- Le 12e cycle d’évaluation (Round 12) a été réalisé du 5 décembre 2025 au 6 janvier 2026. Le document démontre que certaines régions enregistrent des hausses particulièrement importantes. Le Centre affiche une augmentation de 140 % depuis fin 2024.
Selon les données recueillies, le Grand Nord connaît une progression de 98 %, tandis que l’Artibonite enregistre une hausse de 77 % sur la même période. Pour le seul dernier cycle, l’Artibonite présente la plus forte augmentation, avec +23 %. Ces évolutions sont liées à la dégradation de la situation sécuritaire, notamment dans le Centre et l’Artibonite, où les violences ont provoqué de nouveaux départs massifs.
La répartition géographique des déplacés met en évidence une forte concentration. 44% des PDI se trouvent dans seulement dix communes sur les 140 que compte le pays. Cette concentration exerce une pression accrue sur les services de base dans ces territoires, notamment en matière de logement, d’accès à l’eau, d’assainissement, de santé et d’éducation.
La majorité des personnes déplacées vivent en dehors des sites formels ou spontanés. Selon les données, 85 % des PDI sont hébergées hors sites, principalement au sein de familles d’accueil ou dans des habitations précaires. Seuls 15 % résident dans des sites identifiés. La situation diffère toutefois entre la capitale et les provinces.
Dans la capitale, 20 % de l’ensemble des PDI du pays sont recensés. Parmi elles, 68 % vivent dans des sites. La capitale demeure ainsi la seule région où le mode d’accueil en site est majoritaire. En province, où se trouvent 80 % des déplacés, seulement 2 % des PDI sont installées dans des sites.
Au total, 229 sites spontanés ont été identifiés à l’échelle nationale. Parmi eux, 95 sont localisés dans la capitale, soit 41 %, et 134 en province, soit 59 %. Malgré un nombre plus élevé de sites en province, la concentration humaine y reste nettement plus faible.
Les 95 sites de la capitale accueillent 197 440 personnes déplacées, ce qui représente une moyenne de 2 078 personnes par site. En province, 20 004 personnes sont réparties dans 134 sites, soit une moyenne de 149 personnes par site.
L’augmentation continue du nombre de PDI, conjuguée à leur concentration dans certaines communes et à la pression exercée sur les zones d’accueil, pose la question des réponses structurelles à apporter, au-delà de l’assistance d’urgence.
Mederson Alcindor
Vant Bèf Info (VBI)
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