FOMODA 2025 : à Fort Lauderdale, la diaspora haïtienne s’invite au cœur du débat national

Par Wandy CHARLES

Sous les lumières feutrées de l’hôtel Embassy Suites, à Fort Lauderdale, la diaspora haïtienne a entamé, ce jeudi 11 décembre, trois jours de réflexion, d’échanges et de projections collectives à l’occasion de la première édition du Forum mondial de la diaspora ayitienne (FOMODA). Un rendez-vous inédit qui ambitionne de repositionner les Haïtiens vivant à l’étranger comme des acteurs à part entière du devenir national.

Fort Lauderdale (Floride), décembre 2025.- Venus principalement du Canada et de la République dominicaine, des représentants de la diaspora, des cadres institutionnels et des personnalités du monde culturel et politique ont répondu à l’appel. Dès l’ouverture, le ton est donné : il ne s’agit plus seulement de célébrer l’attachement affectif à la mère patrie, mais de structurer une concertation durable autour des contributions concrètes de la diaspora.

Dans son allocution inaugurale, Kurdy Larèche, coordonnateur du FOMODA, a insisté sur la nécessité de créer un espace pérenne de dialogue entre l’État haïtien et ses ressortissants de l’extérieur. Un plaidoyer repris par la ministre des Haïtiens vivant à l’étranger, Kattia Verdieu, pour qui la diaspora constitue un levier stratégique dans toute politique de reconstruction et de relance nationale.

Les institutions face aux attentes de la diaspora

Moment attendu de cette première journée, les interventions des directeurs généraux de l’Office National d’Identification (ONI) et de l’Immigration et de l’Émigration, Reynold Guerrier et Jean Antoine Simon Fénélon, ont permis de faire le point sur les dispositifs mis en place pour améliorer l’accès des Haïtiens de l’étranger aux services administratifs essentiels.

Cartes d’identification nationale, passeports, procédures migratoires : autant de sujets sensibles qui, depuis des années, alimentent frustrations et incompréhensions au sein de la diaspora.

Dans l’assistance, la présence de figures connues telles que Edwin Paraison, ancien ministre des Haïtiens vivant à l’étranger, de plusieurs journalistes de renon, de diplomates haïtiens, ou encore l’acteur Jimmy Jean-Louis, a donné à l’événement une dimension à la fois institutionnelle et symbolique, reflet de la diversité des profils qui composent la diaspora haïtienne.

Des débats au cœur des enjeux contemporains

La deuxième journée du forum s’annonce dense, avec une série de panels consacrés à des thématiques structurantes : le rôle des médias dans l’émergence d’une diaspora influente et organisée ; les questions de nationalité et de citoyenneté haïtienne ; l’impact économique des transferts financiers, principale source de devises du pays et, plus largement, la contribution globale de la diaspora à l’équilibre socio-économique national.

Ces discussions visent à dépasser le simple constat pour déboucher sur des propositions opérationnelles, capables d’orienter l’action publique.

Services de proximité et diplomatie consulaire

Au-delà des débats, le FOMODA veut se distinguer par son volet pratique. Durant les trois jours du forum, un dispositif spécial permet aux participants de régulariser leurs dossiers administratifs, notamment le renouvellement de passeports et l’obtention de la carte d’identification nationale. Une initiative portée par le Consulat général d’Haïti à Miami, sous l’impulsion du consul général Yverick Delerme Cyril, et saluée par de nombreux participants.

La première édition du FOMODA s’achèvera samedi soir par un gala artistique, réunissant plusieurs figures de la musique haïtienne, dont l’ex chateur de Phantoms, Pierre Raymond Divers dit King Kino et le lead vocal du groupe Zile, Annie Alerte. Une manière de rappeler que la culture demeure un puissant vecteur de cohésion et d’identité partagée.

Au-delà des discours et des symboles, les attentes sont claires : la diaspora veut des résultats mesurables et une relation plus structurée avec les institutions haïtiennes. Les recommandations issues de ces pourparlers seront scrutées de près, tant leur mise en œuvre pourrait redéfinir, à moyen terme, les contours du partenariat entre Haïti et son « onzième département ».

Vant Bèf Info (VBI)


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