Fin du mandat du CPT : le parti MAPOU propose une transition pilotée par la Cour de cassation
À l’approche du 7 février, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), le Mouvement d’action patriotique pour l’unité (MAPOU) prend position dans la crise politique qui traverse le pays. Bien que récemment apparu sur la scène politique haïtienne, le parti entend participer activement au débat sur la continuité de l’État et l’avenir institutionnel d’Haïti.

Port-au-Prince, 27 janvier 2026. Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi, le président du MAPOU, Jean Daniel Colin, a rappelé que l’Accord politique du 3 avril 2024, ayant conduit à la mise en place du CPT, arrivera officiellement à échéance le 7 février prochain. Selon lui, cette date constitue une limite à la fois juridique et politique qui ne peut être ignorée sans conséquences pour l’ordre constitutionnel.
Dressant un bilan jugé préoccupant de la transition en cours, les dirigeants du MAPOU estiment que la majorité des engagements inscrits dans l’accord du 3 avril n’ont pas été respectés. Jean Daniel Colin a notamment dénoncé les tentatives de certains membres du CPT de se maintenir au pouvoir au-delà du délai prévu, en violation, selon lui, des articles 12 et 13 de l’accord, lesquels interdisent toute prolongation de mandat.
Face à ce qu’il qualifie de dérive institutionnelle, le MAPOU soutient que la Cour de cassation représente le dernier rempart constitutionnel susceptible d’assurer la continuité de l’État et d’éviter un vide du pouvoir à compter du 7 février.
Dans sa proposition de sortie de crise, le parti plaide pour la désignation d’un juge de la Cour de cassation afin de diriger une nouvelle phase de transition. Cette dernière aurait pour mission principale de créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections générales crédibles, inclusives et démocratiques. Le président du MAPOU a également insisté sur l’importance d’un dialogue politique élargi en vue de la formation d’un gouvernement de consensus, sans exclusion ni logique de règlement de comptes.
Abordant la question des relations internationales, Jean Daniel Colin a mis l’accent sur la préservation de la souveraineté nationale. Tout en se disant ouvert au dialogue avec la communauté internationale, il a souligné que les décisions fondamentales concernant l’avenir d’Haïti doivent relever en priorité de la volonté des Haïtiens, rappelant que les intérêts étrangers ne coïncident pas toujours avec ceux du pays.
En conclusion, le président du MAPOU a lancé un appel à l’unité à l’ensemble des acteurs politiques, les exhortant à dépasser les rivalités personnelles et les intérêts de clan afin de faire prévaloir l’intérêt supérieur de la nation, dans un contexte qu’il a qualifié de décisif pour l’avenir du pays.
Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)
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