Feu vert de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif à un contrat de 542,6 millions de dollars pour la sécurisation des frontières
La Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) a validé l’accord conclu entre l’État haïtien et la société Evergreen Trading System Limited dans le cadre d’un vaste programme de sécurisation des frontières terrestres et maritimes. Selon des informations publiées mardi par le quotidien Le Nouvelliste, le dispositif vise notamment à moderniser les contrôles douaniers et à renforcer la lutte contre la criminalité transnationale.

Port-au-Prince, le 24 février 2026 —L’accord implique plusieurs institutions publiques, dont les ministères de l’Économie et des Finances, de la Justice et de la Sécurité publique, de l’Intérieur et des Collectivités territoriales ainsi que de la Défense. Il prévoit un renforcement du contrôle frontalier, la modernisation des infrastructures douanières et l’amélioration des capacités de l’État face à la contrebande, à la fraude fiscale et aux réseaux criminels.
Interrogé par Le Nouvelliste, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a confirmé l’aval de la Cour. Il a indiqué que la phase préparatoire devrait débuter dans environ un mois, tout en précisant que les résultats concrets ne seront perceptibles qu’à moyen terme. La priorité immédiate, selon lui, sera d’améliorer la fiabilité du contrôle de la valeur et de la qualité des marchandises aux postes frontaliers afin d’augmenter les recettes publiques.
Le coût global du projet est estimé à 542 634 238 dollars américains. Le financement principal sera assuré par le prestataire privé, tandis que l’État, via le ministère de l’Économie et des Finances, prendra en charge 13,6 millions de dollars pour les frais de mobilisation. L’accord s’étend sur dix ans, incluant deux années de déploiement et huit années d’exploitation.
Toujours selon les informations rapportées, le dossier avait été initialement renvoyé pour des ajustements techniques. Des précisions ont notamment été exigées sur les garanties contractuelles et les modalités de renouvellement, afin de limiter les risques pour les finances publiques. Le mécanisme de rémunération envisagé, indexé à 3 % des recettes douanières, avait également suscité des réserves en raison de l’absence de plafond ou de clause de révision.
Sur le plan opérationnel, le programme prévoit le déploiement d’équipements de surveillance — satellites, drones, scanners et hélicoptères — pour renforcer le contrôle des 400 kilomètres de frontière terrestre avec la République dominicaine.
Des scanners fixes seront installés dans les ports de Port-au-Prince, Cap-Haïtien et Saint-Louis-du-Sud, ainsi qu’aux points frontaliers de Malpasse, Belladère et Ouanaminthe. Des unités mobiles seront également déployées dans plusieurs installations portuaires secondaires, notamment à Saint-Marc, Les Gonaïves, Port-de-Paix, Petit-Goâve et Miragoâne.
Le programme prévoit également la modernisation des services d’immigration et la réhabilitation d’infrastructures douanières à l’échelle nationale. Pour l’exécutif, ce chantier est appelé à transformer la gestion des frontières et à renforcer l’autorité de l’État sur ses principaux points d’entrée.
Belly-Dave Bélizaire
Vant Bèf Info (VBI)
Discover more from Vant Bèf Info (VBI)
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
