Eudes Lajoie dénonce la mainmise de l’oligarchie et appelle à un sursaut national

Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi à l’hôtel Kinam, à Pétion-Ville, l’ancien directeur général du Service national de gestion des résidus solides (SNGRS), Eudes Lajoie, a critiqué ce qu’il appelle la domination de l’oligarchie sur les institutions publiques haïtiennes. Selon lui, cette élite économique porte une lourde responsabilité dans la crise politique et sociale que traverse le pays.

Port-au-Prince, 10 octobre 2025.- « Haïti vit le moment le plus difficile de son histoire », a affirmé M. Lajoie, décrivant un État affaibli et dirigé, selon lui, par une minorité d’intérêts économiques. Il estime que cette influence s’est accentuée depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021, et qu’elle se manifeste aujourd’hui à travers la création du Conseil présidentiel de transition (CPT). Ce dernier, dit-il, disposerait d’un pouvoir décisionnel étendu sur la Primature, la Police nationale d’Haïti (PNH), les Douanes ou encore l’Autorité portuaire nationale (APN).

Eudes Lajoie a également dénoncé un climat de résignation au sein de la société civile et des milieux intellectuels, accusant certains acteurs de « fermer les yeux » sur la dégradation de la gouvernance publique. « Moins d’hôpitaux, moins d’écoles, moins d’universités. Une autre génération est sacrifiée », a-t-il regretté, tout en dénonçant le recul des programmes de formation et d’insertion destinés aux jeunes.

Un appel à la mobilisation nationale

Pour l’ancien directeur du SNGRS, la crise actuelle a plongé le pays dans une « catastrophe humanitaire sans précédent », forçant des millions d’Haïtiens à quitter leur foyer. M. Lajoie a salué les sanctions internationales prises contre certains membres de l’élite haïtienne, qu’il juge révélatrices des dérives du système. Il a aussi rendu hommage au président Jovenel Moïse, présenté comme un dirigeant qui « s’était opposé aux puissances économiques ».

En conclusion, Eudes Lajoie a exhorté la jeunesse, les travailleurs et la diaspora à « reprendre en main le destin du pays » : « Haïti ne peut pas mourir entre les mains de quelques privilégiés. Il est temps de rebâtir un État au service du peuple. »

Jean Allens Macajoux
Vant Bèf Info (VBI)


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