« Entre ruines et espoirs » : la mémoire du séisme au cœur de la reconstruction d’Haïti, seize ans après
Seize ans après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, l’ouvrage collectif Entre ruines et espoirs : la mémoire collective au cœur de la renaissance d’Haïti propose une réflexion approfondie sur le rôle du souvenir dans le processus de reconstruction nationale. Le livre a été présenté le lundi 12 janvier 2026, à l’occasion d’une soirée commémorative organisée à la Maison de l’UNESCO, à Paris.

Paris, 14 janvier 2026. Dirigé par la Dre Maryse Saint-Pierre Cyprien, enseignante-chercheure en relations internationales, l’ouvrage réunit plusieurs contributions examinant le traumatisme laissé par la catastrophe. Les auteurs analysent la manière dont la mémoire collective à travers récits, pratiques culturelles et actions communautaires participe à la reconstruction sociale et identitaire du pays.
Le livre revient sur les conséquences humaines et matérielles du séisme, tout en portant un regard critique sur un processus de reconstruction souvent perçu comme lent et insuffisamment ancré dans les réalités sociales haïtiennes. Il souligne le rôle de la transmission du souvenir comme repère essentiel pour préserver les liens sociaux et maintenir une continuité historique dans un contexte fragilisé.
Une attention particulière est accordée à la transmission intergénérationnelle. Selon les contributeurs, le devoir de mémoire ne consiste pas à figer le passé, mais à l’inscrire dans une dynamique de compréhension et de projection. La mémoire est ainsi présentée comme un outil de cohésion sociale et une source d’espérance pour les générations futures.
Interrogée par Vant Bèf Info, Kerish Helenta Roussel explique que la publication de Entre ruines et espoirs répond à une nécessité de transmission, seize ans après la catastrophe. « Le séisme n’a pas seulement provoqué des pertes humaines et matérielles considérables, il a laissé une empreinte durable dans la conscience collective », souligne-t-elle. L’ouvrage vise à préserver ces souvenirs pour qu’ils servent de repères aux générations actuelles et à venir.
La responsable associative insiste sur l’importance de considérer la mémoire collective dans toute démarche de reconstruction. « Rebâtir Haïti ne peut se limiter à la seule remise en état des infrastructures », précise-t-elle. Selon elle, la mémoire contribue à renforcer la cohésion sociale, à maintenir le lien entre les citoyens et à prévenir la répétition des erreurs du passé.
Kerish Helenta Roussel met également en avant le rôle de la culture, de l’art et de la parole dans les processus de résilience. À travers récits, pratiques culturelles et initiatives communautaires, de nombreux survivants ont trouvé des moyens de surmonter le traumatisme. Cette approche, centralisée dans l’ouvrage, ouvre des perspectives pour une reconstruction plus inclusive et durable.
Entre ruines et espoirs rassemble les contributions de plusieurs acteurs issus des milieux social, culturel et humanitaire, dont Marie-Suzette Noël-Momperousse, Kerish Helenta Roussel et Patrick Cauvin. Le livre bénéficie également du soutien des associations Rêvons pour Haïti, PAC Social et PROMART Haïti, engagées dans des actions de solidarité et de transmission culturelle.
Les auteurs rappellent ainsi que la reconstruction d’Haïti ne saurait se limiter à la dimension matérielle et plaident pour une approche intégrant pleinement les enjeux sociaux, culturels et mémoriels, jugés essentiels à toute perspective de renaissance durable du pays.
Mederson Alcindor
Vant Bèf Info (VBI)
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