Éducation : des milliers d’enfants privés d’école dans les zones sous contrôle de gangs
Dans plusieurs zones dites « rouges », marquées par la violence armée, des centaines d’écoles restent fermées ou inaccessibles, privant des milliers d’enfants haïtiens de leur droit fondamental à l’éducation. La montée des attaques ciblées contre les établissements scolaires accentue une crise éducative déjà alarmante.

Port-au-Prince, 4 octobre 2025. —Selon un rapport de l’UNICEF publié en 2024, 919 écoles des départements de l’Ouest et de l’Artibonite avaient dû suspendre leurs activités, affectant environ 156 000 élèves. L’organisation souligne également que plus de 103 000 enfants déplacés ont rejoint le Grand Sud, exerçant une pression considérable sur les infrastructures éducatives locales. Au total, plus d’un million d’enfants risquent aujourd’hui d’être exclus du système scolaire à cause de la violence généralisée.
Dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, près d’un tiers des écoles ont été identifiées comme cibles de violences. Parmi les 976 établissements évalués, plus de 500 sont jugés dysfonctionnels ou inaccessibles, et 54 complètement fermés. En octobre 2024, l’UNICEF avait déjà dénoncé la destruction de 284 écoles, un chiffre auquel se sont ajoutées 47 autres en janvier 2025, aggravant la perte d’espaces d’apprentissage.
Les conséquences sont immédiates : baisse du taux de fréquentation, abandon scolaire, déscolarisation massive et vulnérabilité accrue des enfants face aux recrutements forcés par des groupes armés. L’agence onusienne signale une hausse de 900 % des attaques contre les écoles en un an — pillages, incendies, occupations illégales. Certaines écoles, comme l’établissement Jean Marie Vincent à Port-au-Prince, servent aujourd’hui à la fois d’abris pour déplacés et de lieu d’enseignement improvisé, dans des conditions sanitaires précaires.

Face à l’urgence, le ministère de l’Éducation nationale et ses partenaires, dont l’UNICEF, ont lancé des programmes de rattrapage scolaire, des espaces temporaires d’apprentissage et des projets de réhabilitation. Mais les ressources demeurent insuffisantes : le fonds mondial Education Cannot Wait signale un important déficit de financement alors que les attaques se multiplient.
Des organisations de la société civile appellent à sécuriser les écoles, à créer des couloirs éducatifs dans les zones instables et à protéger enseignants et élèves. Sans une réponse rapide et coordonnée, préviennent-elles, l’avenir d’une génération entière pourrait être compromis.
Josué François
Vant Bèf Info (VBI)
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