DVE à l’UEH : promesses ambitieuses et réalités du quotidien, un  fossé à combler

Présentée comme l’organe central chargé d’améliorer le quotidien des étudiants à l’Université d’État d’Haïti (UEH), la Direction de la Vie Étudiante (DVE) cumule des missions ambitieuses : activités culturelles, soutien psychologique, insertion professionnelle, appui aux associations. Pourtant, sur le terrain, beaucoup d’étudiants estiment que ses actions restent limitées et peinent à répondre à leurs besoins concrets.

Port-au-Prince, 25 septembre 2025 –
Selon les normes du Réseau de l’UEH (RUEH), la DVE doit assumer plusieurs responsabilités. Elle est chargée de mettre en place un Centre de Préparation à l’Insertion Professionnelle (CPIP), destiné à faciliter le passage du monde universitaire au marché du travail. Elle supervise également une cellule d’assistance psychologique, inaugurée récemment pour offrir écoute et accompagnement aux étudiants touchés par la crise sécuritaire. Enfin, la DVE a pour mandat d’encourager la vie associative et culturelle, en organisant des ateliers, activités récréatives et événements capables d’enrichir l’environnement universitaire.

Des services qui peinent à convaincre

Si sur le papier les ambitions paraissent louables, la réalité est jugée bien différente par les principaux concernés. « Quand j’ai traversé une grave crise psychologique, j’avais besoin d’un soutien. On m’a donné un numéro de la DVE, mais personne ne m’a recontacté », raconte une étudiante de la FDSE, sous anonymat.

À la Faculté de Linguistique Appliquée (FLA), les critiques vont dans le même sens. « Les activités culturelles annoncées restent sur papier. On attend des ateliers, mais on n’en voit pas. Cependant, on entend dire que la DVE fait don de SIM Digicel et Natcom. Nos besoins sont loin d’être des SIM », déplore un étudiant.

Pour beaucoup, la DVE reste invisible lorsqu’ils affrontent des difficultés concrètes : logement, horaires, conflits académiques. Son manque de visibilité est également pointé : peu savent où trouver ses bureaux ni comment accéder à ses services.

Des failles structurelles

Au-delà du manque de visibilité, les étudiants dénoncent aussi l’absence de suivi et de transparence. Peu de retours sont donnés aux projets ou demandes soumises, et la communication régulière fait défaut. Le budget réel de la DVE n’est pas publié, ce qui alimente les doutes sur les ressources allouées.

« Nous avons l’impression que la DVE existe surtout sur papier », résume un étudiant en sciences sociales. « On aimerait qu’elle soit présente sur le terrain, qu’elle nous accompagne réellement. »

Cette perception d’inefficacité est renforcée par l’absence de mécanismes de redevabilité. Aucun dispositif clair ne permet de vérifier si les engagements pris sont effectivement respectés.

Des ambitions encore à concrétiser

Dans son appel à candidatures pour le poste de directeur ou directrice de la vie étudiante, l’UEH décrit pourtant des responsabilités précises : organisation de la vie universitaire, gestion des conflits, accompagnement psychologique et appui aux initiatives scolaires ou parascolaires. Cette reconnaissance des attentes étudiantes reste, selon plusieurs voix, insuffisamment traduite en actions.

La DVE dispose d’une feuille de route riche et prometteuse. Mais pour devenir un véritable pilier de la vie universitaire, elle devra renforcer sa transparence, améliorer le suivi, obtenir plus de moyens et rendre des comptes. Sans cela, elle risque de rester une entité symbolique, loin des aspirations d’une jeunesse en quête d’un environnement académique digne.

Sarah-Lys Jules
Vant Bef Info (VBI)


Discover more from Vant Bèf Info (VBI)

Subscribe to get the latest posts sent to your email.