Dossier MPCE-Vrigneau : le syndicat soutient la ministre Florestal

Dans une note rendue publique ce mercredi, le Syndicat du ministère (SYMPCE) s’est prononcé sur le dossier opposant M. Brière Vrigneau, coordonnateur de l’Unité juridique du ministère, à l’administration centrale, accusée par l’intéressé de mauvaise gestion et de corruption.
Le syndicat rejette fermement ces accusations, affirmant que l’enquête interne en cours a plutôt révélé « des faits graves de corruption » impliquant certains cadres administratifs, dont M. Vrigneau lui-même.

Selon la note, le syndicat dit suivre « avec grand intérêt » le déroulement de ce dossier, devenu un sujet brûlant au sein du ministère. Des éléments de l’enquête préliminaire feraient état de dysfonctionnements graves au sein de l’administration et des ressources humaines. Certains employés auraient déjà été transférés ou entendus par un juge de paix, tandis que d’autres devraient comparaître dans les jours à venir. « Les informations recueillies mettent en lumière un réseau interne de malversations qui a longtemps échappé au contrôle de la hiérarchie », peut-on lire dans le document signé par Jean-François Duver, secrétaire général du SYMPCE.

”Un fonctionnaire absent du territoire mais actif dans les médias”

Le syndicat s’étonne également de la posture de M. Vrigneau, qui, selon la note, ne résiderait plus en Haïti depuis plus de deux ans, tout en continuant d’intervenir publiquement dans les affaires internes du ministère. Cette situation constituerait, toujours selon le SYMPCE, « une violation flagrante des règlements de la Fonction publique haïtienne », puisque tout fonctionnaire en absence prolongée sans autorisation perd le bénéfice de son statut administratif.

Malgré cette situation, M. Vrigneau a multiplié ces dernières semaines les sorties médiatiques, notamment sur les ondes de Radio Méga, où il a accusé la ministre Ketleen Florestal de mauvaise gestion et de favoritisme administratif.

Le syndicat défend la ministre Florestal et fustige des “propos irrévérencieux”

Dans un ton ferme, le syndicat prend clairement position en faveur de la ministre.
« Depuis des mois, la ministre n’a cessé de se battre contre différents réseaux internes qui s’évertuent à maintenir un système de corruption au sein du MPCE », écrit le SYMPCE, saluant les efforts de redressement et de transparence entrepris par la titulaire du poste.

Le syndicat condamne par ailleurs les propos jugés « irrévérencieux et diffamatoires » de M. Vrigneau et considère qu’ils s’inscrivent dans « une tentative de déstabilisation orchestrée par des acteurs réfractaires à la réforme ».

Le SYMPCE appelle l’ensemble du personnel du ministère à la prudence et au discernement, tout en invitant les médias à effectuer un sondage d’opinion interne pour mieux cerner la réalité de la situation.
« Le débat public ne doit pas se fonder sur des spéculations, mais sur des faits vérifiables », souligne la note. Le syndicat dit enfin encourager la ministre Florestal à poursuivre la voie du redressement administratif, qu’il considère comme « une exigence éthique et institutionnelle ».

Le dossier Vrigneau pourrait devenir un test institutionnel pour la gouvernance du MPCE.
Entre exigences de transparence, fragilité administrative et lutte contre la corruption, le ministère de la Planification se trouve à un tournant.

Dans un pays où les institutions peinent à imposer l’autorité de l’État, la bataille qui se joue ici dépasse les murs d’un ministère : elle questionne la capacité même de l’administration haïtienne à se réformer de l’intérieur.

Wilda DÉNESTANT


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