Des responsables scolaires dénoncent la défaillance du système et la mauvaise gestion des fonds publics

Des coordonnateurs d’écoles communautaires et nationales du département de l’Ouest ont tiré la sonnette d’alarme sur la dégradation du système éducatif haïtien. Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi, ils ont dénoncé les mauvaises conditions de fonctionnement des écoles et l’absence de transparence dans la gestion des fonds publics.

Port-au-Prince, le 23 octobre 2025. — Selon ces responsables, plusieurs établissements sont abandonnés, les enseignants impayés, et les aides promises par l’État ne parviennent pas aux parents d’élèves. « L’école fonctionne dans des conditions inacceptables », a déclaré Rénald Lysias, coordonnateur du Groupe Métier pour la Paix (GROMEP), tout en critiquant le laxisme du Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP).

Des fonds d’aide introuvables pour la rentrée scolaire

Le coordonnateur du GROMEP a dénoncé l’annonce faite par le ministère des Affaires sociales et le Fonds d’Assistance Économique et Sociale (FAES), selon laquelle chaque parent aurait reçu 15 000 gourdes pour la rentrée 2025–2026.
« C’est faux, totalement faux ! Aucun établissement du département de l’Ouest que nous avons contacté n’a confirmé avoir reçu ces 15 000 gourdes », a affirmé Lysias.

Il appelle l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) et l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF) à ouvrir une enquête pour déterminer où sont passés ces fonds. « Pendant que les enfants ne peuvent ni manger ni aller à l’école, on parle de fonds distribués. Il faut que la lumière soit faite », a-t-il ajouté.

Des enseignants laissés pour compte

De son côté, Walner Mertilus, coordonnateur du Programme de Nationalisation des Écoles Communautaires (PRONEC) pour l’Ouest, a dénoncé les retards chroniques dans le paiement du personnel enseignant et administratif.
« Chaque année, le ministère nous demande de signer des contrats que nous respectons scrupuleusement. Mais quand vient le temps du paiement, seuls quelques enseignants ou gardiens reçoivent leur salaire, pendant que d’autres sont oubliés », a-t-il déploré.

Mertilus affirme que plusieurs démarches ont été entreprises auprès du Fonds National de l’Éducation (FNE), de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) et des directions départementales, sans résultat concret. « Les décisions sont prises de manière arbitraire. Certains sont payés, d’autres non, sans justification. C’est une injustice criante », a-t-il insisté.

Appel à la transparence et à l’action

Les intervenants exhortent les autorités à agir rapidement pour sauver le secteur éducatif, qu’ils jugent en crise profonde. Ils demandent également aux institutions de contrôle de vérifier la gestion des fonds publics destinés à l’éducation et de garantir que les ressources atteignent les bénéficiaires.

« L’éducation est la base du développement. Si nous abandonnons nos écoles, nous condamnons toute une génération », a conclu Rénald Lysias.

Jean Gilles DÉSINORD
Vant Bèf Info (VBI)


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