Des organisations de jeunes de l’Artibonite plaident pour la continuité après le 7 février

À moins de deux mois de l’échéance politique du 7 février 2026, la question de l’avenir de la transition continue d’alimenter le débat public. Aux Gonaïves, plusieurs organisations de jeunesse du département de l’Artibonite ont exprimé, lors d’une conférence de presse, leur soutien au Conseiller-Président Leslie Voltaire, appelant à la poursuite de son rôle afin de mener le pays vers des élections.

Gonaïves, 18 décembre 2025.- Réunis à l’initiative de l’Association des jeunes intellectuels pour le développement d’Haïti (AJIDH), des représentants de l’Alliance des Jeunes pour la nouvelle Haïti (ALJENHA) et d’autres groupes de jeunes ont mis en avant la nécessité de préserver la stabilité institutionnelle dans un contexte marqué par une insécurité persistante, une crise économique aiguë et une faible capacité de l’État à exercer pleinement son autorité sur l’ensemble du territoire.

Ces organisations s’opposent à l’option d’un exécutif monocéphale ou à l’ouverture d’une nouvelle phase de transition après la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Selon elles, une telle reconfiguration du pouvoir risquerait d’allonger l’incertitude politique et de fragiliser davantage un processus électoral déjà confronté à de nombreux défis, notamment sécuritaires et logistiques.

À l’inverse, elles estiment que la continuité incarnée par Leslie Voltaire pourrait offrir un cadre plus prévisible pour l’organisation des élections. « Notre position repose sur une logique de responsabilité politique. Il s’agit d’éviter une rupture institutionnelle et d’aller vers des élections crédibles, transparentes et apaisées », a déclaré Jean Claude Noël, porte-parole de l’ALJENHA.

Cette prise de position de la jeunesse de l’Artibonite intervient alors que les débats restent vifs au sein de la classe politique et de la société civile sur la légitimité, la durée et les modalités de la transition. Si certains acteurs plaident pour un changement rapide de configuration politique, d’autres, à l’instar des organisations mobilisées aux Gonaïves, privilégient une approche graduelle axée sur la finalisation du processus électoral.

En toile de fond, la question centrale demeure celle de la faisabilité des élections dans le contexte actuel. La persistance de la violence armée, la fragilité des institutions électorales et la défiance d’une partie de la population constituent autant de facteurs susceptibles de peser sur le calendrier annoncé.

En appelant à la continuité, ces organisations de jeunesse entendent peser dans le débat national et rappeler que, pour elles, la stabilité institutionnelle reste un préalable à tout retour durable à l’ordre constitutionnel. Reste à savoir si cette position trouvera un écho plus large auprès des autres acteurs politiques et sociaux, et si les conditions nécessaires à la tenue d’élections crédibles pourront effectivement être réunies dans les délais envisagés.

Came Stefada Poulard
Vant Bef Info (VBI)


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