Delmas sous la menace des kidnappeurs : les habitants dénoncent l’absence de patrouilles policières

La peur s’installe de plus en plus dans plusieurs quartiers de Delmas. Selon des riverains, une nouvelle vague de kidnappings a été enregistrée ces derniers jours dans plusieurs zones de la commune, notamment à Catalpa, Cassagnole et Delmas 75. Face à cette situation, de nombreux habitants dénoncent la faible présence policière et réclament des mesures urgentes pour rétablir la sécurité.

Delmas, juin 2026.- À la rue Cassagnole 12, l’inquiétude est palpable. Darline, une résidente du quartier, affirme constater une absence quasi totale de patrouilles policières dans cette zone pourtant réputée à risque en matière d’enlèvements. « Nous ne voyons presque jamais la police ici. Pourtant, les cas de kidnapping sont fréquents dans les environs. Les gens vivent dans la peur », déplore-t-elle.

Cette inquiétude est d’autant plus grande que Darline travaille dans un bar-restaurant et rentre souvent tard dans la nuit. Chaque déplacement devient pour elle une source d’angoisse. « J’ai toujours peur d’être prise pour cible. Les ravisseurs sont très organisés. Ils utilisent parfois des uniformes ressemblant à ceux de la police, des véhicules munis de gyrophares et de sirènes, ainsi que des armes de gros calibre. Dans ces conditions, il devient difficile de savoir à qui faire confiance », explique-t-elle.

À quelques kilomètres de là, dans la zone de Catalpa, Landie partage les mêmes préoccupations. Habituée du secteur, elle estime que la réalité observée sur le terrain contraste avec les annonces faites par les autorités concernant le renforcement de la sécurité. Selon elle, la présence policière demeure rare et insuffisante pour rassurer les habitants. « Même en pleine journée, cette zone reste stressante. Certaines rues sont peu fréquentées et comportent plusieurs voies de dégagement qui peuvent être utilisées par les ravisseurs pour prendre la fuite rapidement », affirme-t-elle.

Le paysage urbain de certains secteurs de Delmas contribue également au sentiment d’insécurité. Routes secondaires peu animées, espaces faiblement surveillés et circulation réduite à certaines heures de la journée offrent, selon plusieurs résidents, un terrain favorable aux actes criminels.

Face à la recrudescence des enlèvements, mais aussi des braquages et des assassinats signalés dans plusieurs quartiers, les citoyens rencontrés expriment leur frustration et dénoncent ce qu’ils considèrent comme un manque d’attention des autorités envers les zones les plus exposées. Ils lancent un appel à la Police nationale d’Haïti (PNH) ainsi qu’au gouvernement afin que des mesures concrètes soient prises pour renforcer les dispositifs de sécurité et prévenir de nouvelles tragédies.

Pour ces habitants, il est urgent que l’État assume pleinement ses responsabilités afin d’empêcher que d’autres citoyens paisibles ne deviennent les victimes d’actes barbares, commis en toute impunité par des groupes criminels qui continuent de semer la terreur dans plusieurs secteurs de la capitale.

Wandy CHARLES
Vant Bef Info (VBI)


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