Delmas 31 : des commerçants bravent le danger pour survivre

Neuf jours après de violents affrontements entre les forces de l’ordre et des bandits armés à Delmas 31, la vie semble avoir repris son cours. En apparence seulement.

Delmas, 2 mars 2026

Dans ce secteur marqué par l’insécurité, commerçants et riverains continuent d’évoluer sous la menace permanente des groupes armés.

Marchands de produits alimentaires, vendeurs de volailles et de vêtements usagés tentent de joindre les deux bouts dans une zone régulièrement empruntée par des ravisseurs pour acheminer leurs otages après un enlèvement. Malgré les risques, ils n’ont d’autre choix que de rester. Les exigences du quotidien nourriture, écolage des enfants, loyer les contraignent à affronter le danger.

Une vendeuse de sandwichs et de spaghettis, âgée d’une soixantaine d’années, a frôlé la mort le lundi 23 février dernier. Ce jour-là, des agents d’unités spécialisées de la Police nationale d’Haïti (PNH) intervenaient pour déjouer un enlèvement dans la commune. Lors des échanges de tirs, une balle perdue a atteint la cuillère avec laquelle elle servait ses clients. Elle s’est aussitôt couchée au sol pour se protéger. « J’ai cru que ma dernière heure était arrivée », confie-t-elle à la rédaction de Vant Bèf Info VBI , encore sous le choc.

Témoin oculaire des affrontements, un cireur de bottes se souvient d’« une matinée ordinaire » qui s’est transformée en scène de guerre. « Rien ne laissait présager une telle situation », raconte-t-il. Plus loin, un cordonnier exprime son découragement : « Si la route nationale numéro 2 était ouverte à la libre circulation, je retournerais à Miragoâne. Là-bas, pour l’instant, il fait bon vivre. »

La recrudescence de la violence armée, notamment dans le bas de Delmas, a provoqué un déplacement de nombreuses activités commerciales. Des marchands provenant des marchés de Delmas 19, 24, 30 et de Nazon convergent désormais vers Delmas 31, où un marché improvisé a vu le jour. Parallèlement, un supermarché récemment construit à Delmas 33 s’apprête à ouvrir ses portes, signe d’un pôle commercial en mutation malgré le climat d’insécurité.
Mais pour nombre d’habitants, cette résilience ne saurait masquer l’urgence sécuritaire. Les groupes armés, retranchés dans des maisons incendiées ou abandonnées au bas de Delmas, continueraient d’opérer en toute liberté. Ils surgissent pour commettre leurs exactions avant de se replier dans ces zones désertées.

Face à cette réalité, des voix s’élèvent pour appeler à une réponse plus ferme et coordonnée des autorités. La police est interpellée sur la nécessité de renforcer de manière intégrale le dispositif sécuritaire dans la commune, afin de garantir aux citoyens le droit fondamental de vivre et de travailler en toute sécurité.

Uguenson Auguste
Vant Bèf Info (VBI)


Discover more from Vant Bèf Info (VBI)

Subscribe to get the latest posts sent to your email.