Cuba à l’arrêt : l’île confrontée à une paralysie énergétique après l’arrêt des livraisons de pétrole

Cuba traverse une crise énergétique majeure, marquée par l’arrêt des livraisons de pétrole et de carburants essentiels, une situation qui paralyse progressivement les transports, l’économie et la vie quotidienne du pays. Les autorités cubaines ont décidé lundi de suspendre l’avitaillement en kérosène pendant au moins un mois, touchant directement les vols internationaux à partir du 10 février, alors que l’île peine à satisfaire ses besoins en énergie.

La mise en œuvre de cette mesure intervient dans un contexte où Cuba n’a presque plus reçu de livraisons de pétrole depuis la mi-décembre 2025, suite à un renforcement de la pression américaine sur les exportations vénézuéliennes et les intermédiaires internationaux. Les États-Unis ont imposé des sanctions et des menaces de tarifs douaniers visant les pays qui continueraient d’approvisionner Cuba en carburant, ce qui a réduit à zéro les flux de pétrole depuis le Venezuela, longtemps fournisseur principal de l’île.

Face à ce contexte, le gouvernement cubain a instauré plusieurs mesures d’urgence : rationnement du carburant, réduction des services de transport, semaine de travail de quatre jours et suspension de certaines activités économiques afin d’économiser l’énergie encore disponible. Ces décisions reflètent l’intensité de la crise, qui se traduit aussi par des coupures de courant fréquentes et une circulation réduite dans les rues de La Havane et d’autres villes.

L’arrêt de l’approvisionnement en kérosène a déjà des répercussions directes sur le trafic aérien. Air Canada a suspendu ses vols vers Cuba, et d’autres compagnies internationales ont été contraintes d’organiser des escales de ravitaillement en dehors de l’île en raison du manque de carburant pour avions.

La crise rappelle aux Cubains la “période spéciale” des années 1990, lorsque le pays avait été frappé par une pénurie énergétique sévère après la chute du bloc soviétique. Aujourd’hui, ces contraintes énergétiques s’ajoutent à une économie déjà fragilisée par des décennies de sanctions, une baisse du tourisme et des difficultés structurelles.

Le gouvernement cubain accuse les pressions américaines d’être à l’origine de cette situation et a dénoncé ce qu’il qualifie de « chantage impérialiste ». De son côté, Washington affirme que ces mesures visent à exercer une pression politique sur le régime de La Havane. Divers pays, dont le Mexique et la Russie, ont exprimé leur volonté d’aider Cuba, mais les volumes d’énergie acheminés restent insuffisants pour compenser l’arrêt des livraisons depuis Caracas.

Alors que la crise énergétique s’approfondit, des observateurs s’inquiètent des effets secondaires sur la sécurité alimentaire, les services publics et l’économie dans son ensemble, soulignant le besoin urgent de solutions durables pour atténuer l’impact sur la population.

Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)


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