Crise politique : L’ONU met en garde contre un vide institutionnel à l’approche du 7 février 2026
À trois mois de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), le Conseil de sécurité des Nations Unies a mis en garde, ce mercredi 22 octobre, contre le risque d’un vide politique après le 7 février 2026, si les dirigeants haïtiens ne parviennent pas à s’entendre sur la suite de la transition.

Port-au-Prince, le 23 octobre 2025. — Dans son dernier rapport, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, souligne la persistance de profondes divisions au sein de la classe politique haïtienne. Certaines figures proposent la nomination d’un juge retraité de la Cour de cassation ou la modification de la composition du CPT, tandis que d’autres, dont d’anciens Premiers ministres, plaident pour une prolongation d’un an du mandat du Conseil, afin de permettre l’organisation des élections d’ici octobre 2026.
Le rapport recommande la reconduction du mandat du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), la prolongation pour 12 mois de la Force de répression des gangs (FRG) — anciennement Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMSS) — ainsi que le maintien des sanctions internationales visant les responsables politiques et financiers liés à l’insécurité.
Lors de la séance du Conseil, l’ambassadeur britannique Archibald Young a exhorté les autorités haïtiennes à accélérer la mise en place du processus électoral, estimant que cela renforcerait les efforts de la communauté internationale. De son côté, l’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, a réaffirmé la détermination des États-Unis à soutenir Haïti dans la lutte contre les gangs, en sanctionnant leurs chefs et alliés.
Pour sa part, Carlos Ruiz Massieu, représentant spécial du secrétaire général en Haïti, a insisté sur la nécessité d’un dialogue national inclusif, estimant qu’il s’agit de la seule voie pour mettre fin à la crise politique et restaurer les institutions.
Selon le rapport, la situation humanitaire et sécuritaire demeure critique : plus de 1 300 homicides ont été enregistrés entre janvier et août 2025, soit trois fois plus qu’en 2024, et près de 1,4 million de personnes ont été déplacées à cause de la violence. Les gangs continuent d’imposer leur loi dans plusieurs régions du pays, notamment à Port-au-Prince, dans le Centre et l’Artibonite.
Les Nations Unies appellent à un consensus national rapide pour doter le pays d’un gouvernement légitime, capable de conduire les réformes nécessaires et de restaurer la stabilité.
Sarah GERMAIN
Vant Bèf Info (VBI)
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