CPT : Laurent Saint-Cyr est entrain de livrer la marchandise  au détriment de la population dixit Hugues  Celestin

Un mois après sa nomination à la tête du Conseil présidentiel de transition (CPT), Laurent Saint-Cyr peine à convaincre. Depuis le 7 août 2025, l’homme d’affaires haïtien a multiplié certaines initiatives : nomination d’un nouveau directeur général à la Police nationale d’Haïti (PNH), deux conseils des ministres et un remaniement gouvernemental. Mais la crise sécuritaire et politique continue de peser lourdement sur le pays.

Port-au-Prince, 7 septembre 2025.–

Malgré ces décisions, les résultats concrets tardent à se faire sentir. Le coordonnateur du CPT, Laurent Saint-Cyr, n’a pas encore trouvé de voie de sortie à une situation nationale qui reste paralysée.

Le sociologue et ancien député Hugues Célestin se montre particulièrement critique. Selon lui, la mission du CPT ne serait pas de ramener la sécurité ni de stabiliser le pays, mais plutôt de préserver ses propres intérêts. Il accuse Laurent Saint-Cyr de “jouer sa partition en renforçant la capacité des gangs afin de maintenir le pouvoir en place”.

Sceptique sur les élections

 À cinq mois de la fin du mandat du CPT, il estime improbable l’organisation d’un scrutin transparent. “Les élections ne figurent pas dans les priorités de ce gouvernement”, affirme-t-il. Pour lui, le bilan d’un mois de gestion se résume à “plus de territoires perdus, des policiers assassinés et des dépenses publiques dispendieuses”.

Les données récentes de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) confirment la gravité de la crise : près de 1,3 million de personnes sont aujourd’hui déplacées internes en Haïti, soit une augmentation de 24 % depuis décembre 2024. La majorité a perdu ses papiers d’identité et vit désormais dans des camps improvisés ou se réfugie vers les provinces.

Toujours selon Célestin, plusieurs départements sont particulièrement touchés par la mainmise des gangs. Dans l’Artibonite, deux tiers de la population vivraient sous leur contrôle, tandis qu’au Plateau Central, ce serait près d’un tiers. Dans la région métropolitaine, il avance que près de 90 % du territoire de Port-au-Prince serait aux mains de groupes armés, rendant tout processus électoral quasi impossible.

Le sociologue ne mâche pas ses mots envers les dirigeants actuels qu’il qualifie de “reste-avec des États-Unis”, incapables selon lui de sortir le pays du marasme. “Il faut mieux s’organiser”, plaide-t-il, estimant que ni le CPT ni le Premier ministre Alix D. Fils-Aimé ne font de la souffrance du peuple leur véritable priorité.

Likenton Joseph
Vant Bèf Info (VBI)


Discover more from Vant Bèf Info (VBI)

Subscribe to get the latest posts sent to your email.