CPT : Dix-neuf mois après son installation, Haïti est au bord du gouffre

 Dix-neuf mois après la mise en place du Conseil présidentiel de transition (CPT), Haïti s’enfonce toujours plus dans une crise multidimensionnelle. Les promesses de rétablir la sécurité, de relancer les institutions et d’organiser des élections semblent désormais creuses. Malgré le remplacement du Directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), l’insécurité persiste, les gangs étendent leur emprise et paralysent la vie économique et politique du pays.

Port-au-Prince, 7 novembre 2025. —

Dans l’Artibonite comme dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, les groupes armés contrôlent routes nationales, marchés et entrepôts, imposant leur loi à des citoyens livrés à eux-mêmes.

« La sécurité, c’était la première promesse du CPT. Aujourd’hui, nous vivons pire qu’avant. Nous sommes prisonniers dans notre propre pays », déplore Marie-Lourdes, mère de famille à Delmas, dont le commerce a été incendié par des bandits.

Crise humanitaire et indifférence étatique

À cette insécurité chronique s’ajoute la détresse humanitaire laissée par le passage de l’ouragan Mélissa. Dans la Grand’Anse, plusieurs localités ont été ravagées. Des centaines de familles vivent sans abri, sans eau potable, sans soins médicaux. Pourtant, aucune aide concrète de l’État n’a été déployée.

 « Nous avons tout perdu : nos maisons, nos bateaux, nos jardins. Pas un représentant de l’État n’est venu nous voir. Pas un sac de nourriture, pas une tente, rien », raconte Jacques Nicolas, pêcheur aux Irois.

« On nous dit d’attendre, mais cela fait des semaines. Pendant ce temps, nos enfants dorment sous la pluie », ajoute-t-il.

Pendant que les sinistrés réclament de l’aide, le président de facto du CPT, Laurent Saint-Cyr, multiplie les déplacements à l’étranger. Son dernier voyage au Qatar n’a produit aucun résultat tangible. Selon plusieurs sources diplomatiques, il n’aurait même pas été reçu par l’Émir, contrairement au président kényan, accueilli en grande pompe.

Cette diplomatie sans impact alimente la colère d’une population qui ne voit aucune amélioration de son quotidien.

Malgré ce contexte chaotique, le CPT maintient son intention d’organiser des élections dans un pays où la sécurité est inexistante et où des zones entières sont sous contrôle de gangs.

« On veut organiser des élections dans un pays où les gens ne peuvent même pas circuler entre deux communes. Comment allons-nous voter ? Qui va sécuriser les bureaux ? », interroge Gérald Mésidor, défenseur des droits humains.

« Un vote sous la menace des armes n’est pas un vote, c’est une mascarade. »

Un bilan d’échec

Corruption, impuissance de l’État, voyages coûteux, indifférence face aux urgences nationales : l’échec du CPT n’est plus une opinion, mais un constat. Dix-neuf mois après son installation, la population haïtienne vit sans sécurité, sans services publics, et, pour beaucoup, sans espoir.

Le pays ne réclame plus de discours, mais des actions concrètes : sécurité, assistance humanitaire, justice sociale et un processus électoral crédible. Tant que les dirigeants détourneront le regard, Haïti continuera de s’effondrer, au rythme des balles, des catastrophes naturelles et de l’indifférence politique.

Judelor Louis Charles

Vant Bèf Info(VBI)


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One comment

  • Angelor Chancy

    CPT : Dix-neuf mois après son installation, Haïti est au bord du gouffre……

    ALORS QUE LES CONS PRÉSIDENTS SONT TOUS DEVENUS DES MILLIONNAIRES….