Corruption : les avocats de Stéphane Vincent montent au front contre les accusations
Mis en cause dans un vaste scandale de détournement de fonds à la Direction de l’immigration et de l’émigration (DIE), l’ex-directeur Stéphane Vincent fait désormais l’objet d’une demande officielle de constitution de défense par son cabinet d’avocats. Ces derniers dénoncent une atteinte aux droits fondamentaux de leur client et exigent le respect strict de la procédure.

Port-au-Prince, 17 mai 2025.–
Le cabinet dirigé par Me Guerby Blaise a adressé, le 16 mai, une requête formelle au commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Frantz Monclair, afin de se constituer en défense de l’ancien directeur de la DIE, éclaboussé par des accusations de corruption. Dans sa lettre, Me Blaise sollicite sa constitution conjointe avec Me Fanfan Guérilus, également membre du barreau de Port-au-Prince.
Cette initiative intervient après la transmission, par l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), d’un rapport accablant au parquet. Le document incrimine Stéphane Vincent pour abus de fonction, détournement de biens publics et association de malfaiteurs. Ces faits seraient liés à la création frauduleuse d’un compte dans le système de l’Immigration, permettant la délivrance illégale de passeports sans le paiement des droits fiscaux requis.
Selon les informations contenues dans le rapport de l’ULCC, l’ancien directeur aurait agi de concert avec d’autres responsables de la DIE — notamment Lesly Saint Juste, Marriantha Merone et Rubens Pauleon — pour détourner près de 3,7 millions de gourdes destinées au Trésor public.
Face à la gravité des accusations, Me Blaise fustige le traitement infligé à son client, qui aurait appris son implication par voie de presse. Il rappelle que toute personne accusée d’une infraction pénale a droit à un procès équitable, incluant le droit d’être informée clairement des charges retenues contre elle et de préparer sa défense dans des conditions justes.
Les avocats demandent au chef du parquet de leur communiquer, avant toute éventuelle poursuite — y compris la transmission du dossier au cabinet d’instruction — l’intégralité des éléments du rapport, ainsi que la nature et les motifs des charges retenues contre l’ancien directeur de la DIE. Ils insistent sur la nécessité d’un accès complet aux pièces du dossier pour garantir une défense conforme aux exigences du droit.
La requête s’appuie notamment sur le principe de présomption d’innocence, tel que stipulé à l’article 8.2.b de la Convention américaine relative aux droits de l’homme, qui dispose : « Toute personne accusée d’un délit est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie […] ».
Pourtant, dans son rapport d’enquête transmis en date du 8 mai 2025, l’ULCC recommande l’ouverture de poursuites judiciaires contre Stéphane Vincent, ainsi que la réalisation d’un audit complet — financier et informatique — de la DIE, pour la période allant du 23 septembre au 25 novembre 2024.
Désormais, le parquet devra trancher entre l’impératif de poursuivre les suspects d’enrichissement illicite et le respect scrupuleux des droits de la défense. Une affaire à suivre de très près.
Wideberlin Senexant
Vant Bèf Info (VBI)
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