Corruption : Haïti stagne au bas du classement mondial

Haïti continue de figurer parmi les pays les plus mal classés au monde en matière de perception de la corruption. Selon l’Indice de perception de la corruption (IPC) publié ce mardi par Transparency International, le pays obtient un score de 16 sur 100, un résultat inchangé depuis 2024, qui confirme la persistance de pratiques corruptives au sein de l’appareil public.

Port-au-Prince, 10 février 2026.-classement intervient dans un contexte politique particulier, marqué par l’installation du Conseil présidentiel de transition (CPT). Cette période de transition est régulièrement critiquée par des observateurs nationaux et internationaux, qui dénoncent des pratiques assimilées à la corruption, au clientélisme et à une gouvernance opaque.

Malgré les engagements répétés des autorités en faveur de la transparence et de la bonne gouvernance, les indicateurs internationaux ne montrent aucune amélioration notable. Cette stagnation alimente les inquiétudes quant à l’efficacité réelle des mécanismes de lutte contre la corruption et à la volonté politique de rompre avec les pratiques du passé.

L’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) affirme pourtant avoir renforcé ses actions, notamment à travers des enquêtes et des dossiers transmis à la justice. Toutefois, ces efforts peinent à se traduire par des résultats tangibles, dans un contexte marqué par l’impunité et la faiblesse chronique des institutions de contrôle.

À cet égard, l’ULCC a récemment accusé trois conseillers du CPT de grande corruption. Ces derniers ont été formellement inculpés par la justice dans le cadre du scandale de la Banque nationale de crédit (BNC), une affaire emblématique qui a profondément marqué l’opinion publique et ravivé les doutes sur la capacité des autorités à assainir la gestion des affaires publiques.

Transparency International rappelle que la lutte contre la corruption repose sur des réformes structurelles, des poursuites judiciaires effectives et un engagement politique clair au plus haut niveau de l’État. En l’absence de progrès visibles, le constat demeure inchangé pour Haïti.

Le classement de 2026 apparaît ainsi moins comme une surprise que comme un signal d’alarme, soulignant que la lutte contre la corruption ne se mesure pas aux annonces officielles, mais à des résultats concrets et durables.

Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info (VBI)


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