Au-delà du 7 février 2026 : les manœuvres silencieuses du CPT pour s’accrocher au pouvoir

À 38 jours de la fin officielle de son mandat, le Conseil présidentiel de transition semble s’éloigner des engagements pris dans l’accord du 3 avril 2024. Malgré les assurances publiques répétées de plusieurs conseillers-présidents promettant un départ le 7 février 2026, des informations concordantes révèlent l’existence d’initiatives discrètes visant à prolonger leur maintien à la tête de l’État.

Port-au-Prince, le 30 décembre 2025.-
À mesure que l’échéance du 7 février 2026 approche, le climat politique se tend autour du Conseil présidentiel de transition (CPT). En effet, selon des informations fiables recueillies par notre rédaction, certains conseillers-présidents auraient engagé des manœuvres en coulisses pour conserver le pouvoir au-delà de la date prévue par l’accord politique du 3 avril 2024.

Pourtant, jusqu’ici, la position officielle du CPT se voulait sans ambiguïté : le pouvoir devait être remis à la date constitutionnelle du 7 février. Or, cette ligne semble aujourd’hui s’effriter. D’après notre source, la dynamique interne a évolué ces dernières semaines, ouvrant la voie à des scénarios alternatifs déjà portés à la connaissance de la communauté internationale.

Ainsi, deux options principales auraient été formulées. La première consisterait à maintenir cinq conseillers-présidents à la tête de l’exécutif après l’échéance. À défaut d’un consensus autour de cette proposition, un second scénario prévoirait la reconduction de trois membres du CPT pour assurer une transition prolongée. Une approche graduelle qui trahirait, selon plusieurs observateurs, l’esprit même de l’accord fondateur.

Ces informations trouvent un écho auprès d’une agence sœur qui, citant une source diplomatique, confirme que ces propositions ont été soumises à des partenaires étrangers, dans l’espoir d’obtenir une forme de validation politique. Toutefois, à ce stade, la communauté internationale afficherait une position ferme, réaffirmant son attachement au respect strict du calendrier établi.

Plus préoccupant encore, parmi les conseillers désireux de se maintenir en fonction figureraient trois membres du CPT visés par des accusations de corruption. Malgré le poids judiciaire et politique qui pèse sur eux, ces derniers chercheraient également à prolonger leur présence au pouvoir, au risque d’aggraver une crise de légitimité déjà profonde.

Rappelons que le Conseil présidentiel de transition avait été présenté, au moment de sa mise en place, comme un instrument de sortie de crise. Soutenu par plusieurs forces politiques majeures — notamment EDE, Fanmi Lavalas, le PHTK, l’OPL, l’accord du 21 Décembre, entre autres — le CPT avait pour mission essentielle de rétablir la sécurité et d’organiser des élections générales crédibles.

Or, le bilan reste largement en deçà des attentes. Durant la période couverte par l’accord, les deux principaux axes routiers reliant le Nord et le Sud du pays sont demeurés impraticables. Parallèlement, le taux de mortalité lié à l’insécurité aurait triplé, tandis que le nombre de déplacés internes a franchi le seuil alarmant d’un million de personnes. En matière électorale, le seul progrès notable demeure la publication d’un calendrier qui fixe le premier tour des élections au 30 août 2026, soit bien au-delà de la fin théorique du mandat du CPT.

Dès lors, la question se pose avec insistance : le Conseil présidentiel de transition est-il encore un levier de stabilisation ou devient-il, à son tour, un facteur de prolongation de la crise politique haïtienne ?

Belly-Dave Bélizaire

Vant Bèf Info (VBI)


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