Assassinat de Jovenel Moïse : Me Emmanuel Jeanty dénonce l’inaction de l’État et défend Martine Moïse

Quatre ans après l’assassinat du président Jovenel Moïse, l’avocat de l’ancienne Première dame, Me Emmanuel Jeanty, déplore l’inaction persistante des autorités judiciaires. Invité de l’émission Panel Magik ce lundi, il a défendu la position de sa cliente, Martine Moïse, tout en critiquant la lenteur et les failles du processus judiciaire.

Port-au-Prince, 7 juillet 2025 – Présente lors de l’attaque meurtrière du 7 juillet 2021 à Pèlerin 5, Martine Moïse est, selon Me Jeanty, un témoin clé. « Elle a survécu à l’attaque. Ce n’est pas une opinion, c’est un fait », a-t-il rappelé. Pourtant, la sécurité de sa cliente, gravement blessée cette nuit-là, n’a jamais été assurée par l’État haïtien, affirme-t-il. Il évoque même trois tentatives d’assassinat dont elle aurait été victime depuis.

C’est en raison de ces menaces et de l’absence de garanties étatiques que l’ancienne Première dame refuse de comparaître en Haïti. « L’État haïtien ne peut même pas garantir la sécurité de ses juges. Comment garantirait-il celle de Madame Moïse ? », s’est-il interrogé.

Sur le plan judiciaire, Me Jeanty fustige l’ordonnance rendue par le juge d’instruction, qualifiée de « honteuse ». Selon lui, le document ignore les commanditaires et financiers du crime. Son équipe a interjeté appel, dénonçant une instruction partielle, entachée de lenteurs, de retraits de magistrats et de soupçons de corruption.

Il déplore également l’inaction du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ), qui n’a, selon lui, jamais enquêté sur les magistrats soupçonnés de corruption. « C’est une preuve supplémentaire du désintérêt de l’État pour la vérité et la justice », a-t-il affirmé.

Alors que la nation commémore l’assassinat brutal du président Jovenel Moïse, les zones d’ombre restent nombreuses. « Le 7 juillet marque une déchirure permanente dans l’histoire contemporaine d’Haïti », a conclu Me Jeanty.

Quatre ans après, la promesse d’un procès équitable et transparent demeure incertaine. La quête de justice semble toujours suspendue, entre fragilité institutionnelle, silence politique et méfiance généralisée.

Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info (VBI)


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